Aux origines du 42,195

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En ce jour du 42ème marathon de Paris, qui voit 55.000 participants prendre plaisir à souffrir sous un soleil de plomb en heurtant les enrobés qui se dérobent sous leur foulée, il est du rôle de l’auteur virtuel de contribuer à la culture générale des sportifs, de leurs « coachs » et du public qui s’ennuie à voir passer une chenille de filles et de gars parfois gascons mais plus sûrement hardis que notre royal Philippe et surtout Phillipidès.

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La bataille de Marathon retracée en une carte

Or donc, voici que nous apprenons que la fameuse distance de 42,195 km du marathon n’a qu’un rapport lointain avec le parcours effectué par le messager Euclès (et non Phillipidès) pour annoncer à Athènes la victoire des Grecs sur les Perses dans la plaine de Marathon le 12 septembre de l’an -490 avant J.C., soit tout de même 2508 ans à bien considérer. En vérité, la distance initiale des premiers marathons était de 40 km tout rond, ce qui prouve que les inventeurs du défi n’avaient pas perdu tout sens commun à calculer la distance incertaine parcourue par un messager mythique. Cette distance est égale à celle obtenue sur Google maps qui indique 40 km à pied, entre le mémorial de la bataille et la pnyx, la colline du centre d’Athènes à l’ouest de l’Acropole, où siégeait l’Ecclesia, l’assemblée des citoyens athéniens, dans un lieu capable d’accueillir 25.000 personnes.

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God save the runner ! 

Et donc, pourquoi 42,195 km ? Et bien, une nouvelle fois, il faut souligner ce trait perfide des Anglais à nuire systématiquement au génie français, dès lors qu’ils peuvent plaire à leur famille royale, sans se soucier de la santé des marathoniens, des sportifs et disons-le du genre humain,  la preuve en est de leur cuisine qui serait inscrite en premier sur la liste des désastres du patrimoine de l’humanité, s’il venait un jour à l’idée de l’UNESCO de créer cette distinction paria.

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Tumulus de la plaine de Marathon où sont ensevelis les 192 hoplites athéniens tombés au champ d’honneur

Le marathon est en effet une course inventée par les Français à l’occasion de la création des premiers jeux olympiques modernes d’Athènes en 1896. L’initiative en revient à un certain Michel Bréal, linguiste et académicien de son état, qui proposa au fondateur des jeux modernes, Pierre de Coubertin, de célébrer l’histoire d’Athènes en créant une course  de 40 km sur le parcours effectué de Marathon au Pnyx, par le messager Euclès, ce premier marathonien dont nul ne sait s’il a véritablement existé. Au fait, on doit à ce Michel Bréal l’invention de la sémantique, terme qu’il crée en 1897 dans son « Essai sur la sémantique« . Preuve du sérieux de ce professeur au Collège de France spécialisé en grammaires comparées, il se rendra en Grèce pour tracer entre Marathon et le Pnyx le parcours le plus plausible emprunté par les hoplites athéniens vainqueurs des Perses pour revenir défendre Athènes face à l’armée de Darius qui n’avait pas dit son dernier mot. Il est vrai que la victoire de Marathon est plus symbolique que décisive, les Perses dominant alors la mer Egée. Avec l’esprit cartésien qui est le leur, les Français décidèrent donc que cette course de longue haleine établie en l’honneur de l’histoire grecque aurait une distance de 40 kilomètres.

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Le premier marathon de l’histoire filmé en direct pour un péplum, terme qui signifie un vêtement de femme, sans manches, qui s’agrafait sur l’épaule et qui est connu aujourd’hui pour désigner un film à grand spectacle, moins que plus historique

Hélas, trois fois hélas, lorsque les jeux olympiques eurent lieu à  Londres en 1908, au pays des petits pouces et des grands pieds, des chaînons et des verges, des sillons et des lieues, si loin de l’ordre décimal, si proche du désordre comportemental quand il s’agit pour ce peuple de buveurs de thé de mesurer brasses et coudées, grains de pavot et grains d’orge, sans oublier clou, paume et main, qui laissent penser que l’inventeur de ces trois dernières unités de mesure fut un soldat romain envoyé en Bretagne après avoir crucifié le Christ.

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Jour de gloire pour une actrice française à l’affiche d’un peplum

Toujours est-il que ces « maudits » Anglais ne trouvèrent pas mieux de fixer en 1908 aux JO de Londres la distance du Marathon à 42,195 km, ce qui laisse croire que le calcul repose sur une alchimie mystérieuse de mesures anglaises mélangeant grains d’orge, empans et picas. Point du tout ! Que nenni, grand fichtre, bougre de tournebroche ! L’épouse du roi Edouard VII souhaitait simplement assister au départ qui fut donc donné sous les fenêtres du château de Windsor, soit 2,195 km de plus que le parcours initial.

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Et c’est ainsi depuis un siècle, que les marathoniens endurent 2,195 km de plus leur mesure de souffrance, soit pour les meilleurs sept minutes supplémentaires et pour un marathonien « moyen », un quart d’heure de souffrances extatiques. Et maintenant qu’ils sont des centaines de milliers à courir chaque année des marathons de par le monde, on imagine mal le nombre de jurons susceptibles d’être adressés à Alexandra Caroline Marie Charlotte Louise Julie de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, dite Alix pour les intimes et les personnes ayant une mémoire défaillante.  Il arrive que certains caprices suintent la sueur, celui-ci peut-être plus que d’autres.

Description de cette image, également commentée ci-après

Alexandra de Danemark (1844-1925) à qui les marathoniens rendent hommage pour la plupart sans le savoir en parcourant à chacun de leur marathon, 2,195 km de plus !

En vérité, les marathoniens ne peuvent pas se plaindre. Bréal l’académicien aurait pu suggérer à l’olympien vicomte de Coubertin, de prendre comme distance pour l’épreuve du marathon, celle parcourue par le messager Phillipidès qui, lui, en ces mêmes heures tragiques fut préposé à prévenir la cité de Sparte de l’invasion terrestres par les Spartes, pour leur demander secours imminent. Phillipidès, selon Hérodote qui narre en -485 les événements, aurait parcouru en une journée les 240 kilomètres entre les deux cités, ce dont doutait Thucydide qui considérait impossible d’effectuer une telle distance en 24 heures chrono.

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240 km, c’est six fois plus que 40 km !

En 1983, le premier spartathlon de l’histoire couru par le vainqueur, Yannis Kouros, en 21 heures et 25 minutes, a prouvé que c’était possible : Hérodote, d’une certaine façon l’emporte sur Thucydide, non pas aux points mais en petite foulée. Et une chose est sûre, Phillipidès n’était ni une femme ni un Français, car depuis 1983, à aucune des éditions du spartathlon, une femme ou un Français n’ont réussi à parcourir la distance entre Athènes et Sparte en moins d’une journée. Il est vrai que là encore, ces sournois d’Anglais ont imposé une distance supérieure aux 240 km qui correspondait à six fois la distance d’un marathon, en imposant une distance de 246 km qui, pour être précise comme un calcul alambiqué d’Anglais, approche environ 150 miles !

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C’est pourquoi pour les jeux olympiques de Paris en 2024, pétitionnons pour un retour spartiate aux sources de la civilisation athénienne et exigeons que la distance du marathon redevienne celle des premiers marathons olympiques de 1896 à 1904, soit 40 km. Et demandons la création olympienne d’une épreuve de spartatlhon de 240 km de distance qui emprunterait le périphérique parisien, histoire de congestionner un peu plus la capitale, ce en quoi nous ne ferions que nous inscrire dans la tradition parisienne d’embouteiller le monde !

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Ceci est un départ de marathon. Qui aime souffrir suive pour 40 km et 2,195 km de plus !