Qu’attendre de la peinture ? Rien en vérité. Juste le temps du regard libre que vous portez sur un retable, un tableau, une toile, peu importe l’intérêt que l’oeuvre suscite en toute limpidité, clarté et humilité, sans recherche aucune de quoique ce soit de beau, magnifique, splendide, attendu par le public, il ne s’ agit ni de connaître, ni reconnaître quoique ce soit des temps actuels ou passés, mais juste regarder et observer s’il existe des affinités entre les traits, les couleurs et les formes avec la rétine des yeux.
La plupart du temps, tout est fait pour décourager de regarder un tableau dans une exposition, histoire d’ écraser le spectateur de toute la prétention le mépris et la vanité du monde, historiens, conservateurs et critiques de bousculent au balcon des ambitions.
En Vérité, la peinture d’un artiste se suffit à elle-même, dès lors que ce dernier décide de la livrer au regard d’ autrui. Il s’en détache pour que l’oeuvre se suffise alors à elle-même. L’auteur s’efface pour toujours, heureux de sa création comme une femme peut donner naissance à un enfant, avec un avantage évident, le nombre des oeuvres est sans limite ou presque pour le plus grand bonheur du public.
Et c’ est ainsi que Charles Delhaes est devenu Grand maître au fil du temps, quatre-vingt ans de travail ou presque depuis sa naissance, tout bébé il peignait ou presque, confrontant son regard à ses prédécesseurs baroques italiens ou espagnols, flamands ou wallons, pour nous apporter des oeuvres d’ art à l’égal de Zurbaran par exemple.
Qui peut en dire autant de nos jours de grande médiocrité artistique ? Un peintre vivant en ce jour, peint depuis des millénaires, sur les traces de ses prédécesseurs, pour notre plus grand bonheur, voilà tout, simple comme l’ eau vive.
Tout le reste est vaine littérature loin de la vie des hommes et des paysages de la nature, d’Orient en Occident. La peinture peut procurer du bonheur perpétuel lorsqu’elle ne s’égare pas dans les égouts du narcissisme culturel.

Le monde nous appartient, réel ou abstrait