Esmeralda l’Egyptienne

Alors que le Feu vient d’emporter la charpente, le toit et la flèche épique de Notre-Dame de Paris, il nous revient en mémoire une chronique écrite en 2016 consacrée aux origines égyptiennes d’Esméralda, l’héroïne du roman de Victor Hugo écrit pour alerter alors sur l’état pitoyable de la cathédrale de Paris. Son état était tel qu’il fut même envisagé de la démolir pour en faire une carrière de pierres. Alors qu’Esmeralda danse encore dans notre souvenir sur le parvis, l’effroi de la destruction par l’incendie de Notre-Dame nous invite à nous recueillir auprès de cette cathédrale qui, vue du ciel, ressemble à un linceul de pierres déchiré annonçant la Résurrection. Car Notre-Dame de Paris est bien plus qu’un pan de notre histoire ou un joyau architectural, c’est le Don de l’Amour, incarné par la Foi des bâtisseurs et des générations qui s’y succèdent depuis 850 ans pour prier, une Foi qui invite à l’humilité au spectacle cruel de tous ces biens terrestres devenus cendres pour renaître dans l’espérance d’une fraternité retrouvée.

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S’il est une Egyptienne de l’ombre pourtant aussi célèbre que Nefertiti ou Cléopâtre, c’est bien Esmeralada la bohémienne, l’héroïne de Notre-Dame de Paris, le roman de Victor Hugo. Nous qui avons rejeté de la langue française le mot bohémien, avons tout oublié de ces termes « égyptien » ou « égyptienne », qui longtemps furent les mots usuels pour désigner « bohémien » ou « bohémienne », eux-mêmes remplacés brutalement par « gens du voyage »,  un genre impassible et insignifiant issu d’une expression pourtant originellement poétique du XIXème siècle. Mais l’obligation officielle d’employer à compter de 1969 dans les documents administratifs les mots gens du voyage, a conduit par simple inertie bureaucratique, à briser la chaîne de ces mots mystérieux chargés d’affection et d’émotion fort anciennes, qui nous reliaient à une histoire nomade et vagabonde parcourant les routes de France depuis six siècles.

La Diseuse de Bonne Aventure - Régnier

La Diseuse de bonne aventure, par Régnier, 1625, Musée du Louvre

Victor Hugo situe son roman Notre-Dame de Paris en 1482, à la fin du moyen-âge, dix ans avant la découverte de l’Amérique, alors que l’invention de l’imprimerie par Gutenberg se propage en Occident. Il consacre d’ailleurs plusieurs passages à la révolution de l’imprimerie, pour souligner en un saisissant raccourci que la bible de papier, l’édition, s’apprête à supplanter la bible de pierre, l’architecture. Le temps des cathédrales s’achève, la Renaissance commence. Et au milieu de ces bouleversements historiques, surgit Esmeralda la bohémienne, l’égyptienne, ce qui pour nous est vraiment devenu de l’égyptiaque pour reprendre Victor Hugo : Mais je veux que le diable m’écorche si je comprends ce qu’ils veulent dire avec leur Esmeralda ! Qu’est-ce que c’est que ce mot-là d’abord ? c’est de l’égyptiaque !

Pour désigner Esmeralda, Victor Hugo l’appelle plus souvent égyptienne que bohémienne. Maintenant que nous ignorons tout de notre histoire et avons remisé aux calendes grecques les subtilités de la langue française, nous imaginons volontiers que l’auteur souhaite nous faire croire qu’Esmeralda est originaire de la vallée du Nil et du pays des pyramides, ce qui permet d’accentuer la beauté de ses traits imaginaires hérités de quarante siècles pharaoniques.  Que nenni ! Point du tout ! Car c’est ainsi que pendant trois siècles en France, on a appelé égyptiens les bohémiens, avant que le mot de bohémien ne se substitue au terme originel qui n’a pas grand chose à voir avec l’Egypte ancienne ou moderne.

La Diseuse de bonne aventure, par Georges de la Tour, 1635-1637, Metropolitan Museum of Art de New York

Victor Hugo qui était loin d’être ignare ou ignorant, ne commet pas d’impair quand il fait référence aux Egyptiens dans son intrigue située en 1482 à Paris. Il se souvient de Molière qui dans les Fourberies de Scapin, fait de l’une des principales protagonistes, Zerbinette, une Egyptienne, reconnue comme fille d’Argante, amante de Léandre que ce dernier veut épouser.

SCAPIN.-Oui, Monsieur, il est vrai qu’il y a trois semaines que vous m’envoyâtes porter le soir, une petite montre à la jeune Égyptienne que vous aimez. Je revins au logis mes habits tout couverts de boue, et le visage plein de sang, et vous dis que j’avais trouvé des voleurs qui m’avaient bien battu, et m’avaient dérobé la montre. C’était moi, Monsieur, qui l’avais retenue

CARLE.-Vos Égyptiens sont sur le point de vous enlever Zerbinette ; et elle-même, les larmes aux yeux, m’a chargé de venir promptement vous dire, que si dans deux heures vous ne songez à leur porter l’argent qu’ils vous ont demandé pour elle, vous l’allez perdre pour jamais

GÉRONTE.-Je vous prie de me dire cette histoire.

ZERBINETTE.-Je le veux bien. Je ne risquerai pas grand’chose à vous la dire, et c’est une aventure qui n’est pas pour être longtemps secrète. La destinée a voulu que je me trouvasse parmi une bande de ces personnes, qu’on appelle Égyptiens, et qui rôdant de province en province, se mêlent de dire la bonne fortune, et quelquefois de beaucoup d’autres choses. En arrivant dans cette ville, un jeune homme me vit, et conçut pour moi de l’amour…

Ainsi, en mai 1671, date de création des Fourberies, la fortune du mot égyptien l’emporte toujours sur celle de bohémien, plus de deux cent cinquante ans après leur entrée dans le royaume de France.  L’historien, mathématicien et géographe Sébastian Münster auteur du célèbre Cosmographia Universalis dont la première édition est publiée en 1544, est le premier à évoqué l’histoire de ce peuple égyptien dont la présence vagabonde est attestée en Allemagne en 1417 avant que le passage de l’une de ces troupes ne soit remarquée à Paris en 1427, dont elle est chassée pour s’éparpiller en bandes dans différentes provinces du royaume.

Duc des égyptiens est le titre donné au chef de ces troupes. Victor Hugo ne fait donc que l’emprunter pour l’attribuer à celui qui mène la procession du pape des fous qui, après avoir parcouru force rues et carrefours, débouchait dans la place de Grève, avec toutes ses torches et toute sa rumeur. Cette procession, que nos lecteurs ont vue partir du Palais, s’était organisée chemin faisant, et recrutée de tout ce qu’il y avait à Paris de marauds, de voleurs oisifs, et de vagabonds disponibles ; aussi présentait-elle un aspect respectable lorsqu’elle arriva en Grève. D’abord marchait l’Égypte. Le duc d’Égypte, en tête, à cheval, avec ses comtes à pied, lui tenant la bride et l’étrier ; derrière eux, les égyptiens et les égyptiennes pèle-mêle avec leurs petits enfants criant sur leurs épaules ; tous, duc comtes, menu peuple, en haillons et en oripeaux. Puis c’était le royaume d’argot : c’est-à-dire tous les voleurs de France, échelonnés par ordre de dignité…

Hugo est tout aussi précis quand il fait dire au capitaine Phoebus qu’Esmeralda pourrait être un nom sarrazin : — Écoutez, ma chère Similar… Esmenarda… Pardon, mais vous avez un nom si prodigieusement sarrazin que je ne puis m’en dépêtrer. C’est une broussaille qui m’arrête tout court. Il n’était pas rare en effet d’appeler les bohémiens ou égyptiens aussi sarrazins ou éthiopiens. En revanche, il s’égare lorsqu’il décrit Esmeralda dans les bras de Phoébus : En parlant ainsi, elle jetait ses bras autour du cou de l’officier, elle le regardait du bas en haut suppliante et avec un beau sourire tout en pleurs, sa gorge délicate se frottait au pourpoint de drap et aux rudes broderies. Elle tordait sur ses genoux son beau corps demi-nu. Le capitaine, enivré, colla ses lèvres ardentes à ces belles épaules africaines. La jeune fille, les yeux perdus au plafond, renversée en arrière, frémissait toute palpitante sous ce baiser.

Car ce n’est point parce qu’on est éthiopienne, égyptienne ou sarrazine, qu’on est pour autant africaine quand on est bohémienne venant d’Europe centrale. Tout le mystère est là, dans ces origines incertaines, bien plus que dans les descriptions pittoresques ne s’embarrassant guère de finesse, de souplesse et encore moins de tendresse au siècle dit des Lumières : il est vrai que l’esclavage était encore considéré à la même époque comme d’un bon rapport, économique, social et humain !

La Madone égyptienne (The Gypsy Madonna) dite aussi la Zingarella, Vierge à l’Enfant de Titien (1512), Kunsthistorisches Museum de Vienne. Elle  devrait son nom à ses cheveux bruns. Le thème de la madone bohémienne est alors fréquent pour souligner la vertu d’humilité.

Les Egyptiens dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

Egyptiens, ou plûtôt Bohémiens, s. m. plur. (Histoire mod.) espece de vagabonds déguisés, qui, quoiqu’ils portent ce nom, ne viennent cependant ni d’Egypte, ni de Boheme ; qui se déguisent sous des habits grossiers, barbouillent leur visage & leur corps, & se font un certain jargon ; qui rodent çà & là, & abusent le peuple sous prétexto de dire la bonne-avanture & de guérir les maladies, font des dupes, volent & pillent dans les campagnes.

L’origine de cette espece de vagabonds, qu’on nomme Egyptiens, mais plus souvent Bohémiens, est un peu obscure, & on n’a rien de bien certain sur l’étymologie de ce nom.

Il est vrai que les anciens Egyptiens passoient pour de grands fourbes, & étoient fameux par la finesse de leurs impostures. Peut-être cette idée a-t-elle consacré ce nom dans d’autres langues pour signifier fourbe, comme il est très-certain que les Grecs & les Latins l’ont employé en ce sens ; les anciens Egyptiens étant très-versés dans l’Astronomie, qu’on ne distinguoit guere alors de l’Astrologie, peut-être encore aura-t-on pû sur ce fondement donner le nom d’Egyptiens à ces diseurs de bonne-avanture.

Quoi qu’il en soit, il est peu de nations eu Europe qui n’ayent de ces Egyptiens ; mais ils ne portent cependant pas par-tout le même nom.

Les Latins les appelloient ægyptii, & les Anglois les ont imités ; les Italiens les nomment zingari ou zingeri, les Allemans ziengner, les François Bohémiens, d’autres Sarrasins, & d’autres Tartares.

Monsther dans sa géographie, liv. III. ch. v. rapporte que ces vagabonds parurent pour la premiere fois en Allemagne en 1417, fort basanés & brûlés du soleil, & dans un équipage pitoyable, à l’exception de leurs chefs qui étoient assez bien vêtus, quoiqu’ils affectassent un air de qualité, traînant avec eux, comme des gens de condition, une meute de chiens de chasse. Il ajoûte qu’ils avoient des passeports du roi Sigismond de Boheme, & d’autres princes. Ils vinrent dix ans après en France, d’où ils passerent en Angleterre. Paquier dans ses recherches, liv. IV. chap. xjx. rapporte en cette sorte leur origine : « Le 17 Avril 1427, vinrent à Paris douze penanciers, c’est-à-dire pénitens, comme ils disoient, un duc, un comte, & dix hommes à cheval, qui se qualifioient chrétiens de la basse Egypte, chassés par les Sarrasins, qui étant venus vers le pape, confesserent leurs péchés, reçurent pour pénitence d’aller sept ans par le monde sans coucher en lit. Leur suite étoit d’environ 120 personnes, tant hommes que femmes & enfans, restans de douze cents qu’ils étoient à leur départ. On les logea à la Chapelle, où on les alloit voir en foule : ils avoient les oreilles percées où pendoit une boucle d’argent, leurs cheveux étoient très-noirs & crépés : leurs femmes très laides, sorcieres, larronnesses, & diseuses de bonne-avanture. L’évêque les obligea à se retirer, & excommunia ceux qui leur avoient montré leur main ».

Par l’ordonnance des états d’Orléans de l’an 1560, il fut enjoint à tous ces imposteurs, sous le nom de Bohémiens ou Egyptiens, de vuider le royaume à peine des galeres. Ils se diviserent alors en plus petites compagnies, & se répandirent dans toute l’Europe. Le premier tems où il en soit fait mention en Angleterre, c’est après ce troisieme réglement, savoir en 1565.

Raphaël de Volterre en fait mention, & dit que cette sorte de gens venoit originairement des Euxiens peuple de Perse. Dictionnaire de Trévoux & Chambers. (G)

Bohémiens aux portes de Paris, XIXème siècle

Hugo qui publie son roman en 1831, réussit le tour de force un demi-siècle plus tard,  de transformer radicalement le regard porté sur les Bohémiens en faisant d’Esmeralda une héroïne égyptienne tragique,  balayant les préjugés sur ces prétendues femmes très laides, sorcières et larronnesses. L’écrivain épris de liberté, fils d’un général de la Révolution, renverse à lui seul les canons de la beauté pour imposer au monde un regard attendri sur la beauté « africaine », se souvenant de Cléopâtre séduisant César et Antoine sans recourir à Liz Taylor ou imaginer qu’un jour Gina Lollobrigida prêterait ses traits italiens à la plus illustre des égyptiennes vagabondes.

Mais s’agissant de l’origine de ces Egyptiens qui serait obscure à en croire les plumes caverneuses du siècle des Lumières, nous voilà toujours aussi peu avancés. Selon une relation publiée en 1875 par un certain Georges Bataillard dans le Bulletin de la société d’anthropologie, et consacrée aux origines des Bohémiens ou Tziganes, après diverses explications d’où il ressort qu’Hérodote, comme toujours, n’est jamais trop loin quand il s’agit d’histoire des peuples, il serait fort peu probable que des Perses ou des Arabes aient enlevé avant l’an mil des Indiens pour les y installer dans le sud de l’Europe centrale ou les disséminer en Syrie ou Egypte. Il serait plus vraisemblable qu’une corporation errante d’artisans forgeant des armes, travaillant le fer, fabriquant des clous depuis des siècles, sillonnait les routes d’Europe et les côtes de la Méditerranée, colportant de ports en ports et de foires en foires, les fruits ferreux de leurs talents sous forme de javelots, épées, sabres ou sagaies. Au fil des temps, cette corporation de forgerons serait devenue un peuple ayant pour terre d’élection la région du bas Danube, entre la Hongrie et la Transylvanie, surgissant à nouveau en Europe occidentale, par la Bohème puis l’Allemagne au début du quinzième siècle.

Il n’empêche. Paquier évoque le séjour à Paris en 1427 d’Egyptiens aux cheveux très noirs et crépus, chassés de basse Egypte  par les Sarrazins et qui seraient Chrétiens, ayant reçu du pape pénitence d’aller sept ans par le monde sans coucher en lit. En l’ocurrence, ne seraient-ils pas tout simplement des Coptes ? Peu probable, fort improbable même.  A cette époque, il était alors question d’une petite Egypte, qui englobait différents pays d’Orient tels que la Syrie, Chypre ou la Grèce. Il se peut même que ce terme de petite Egypte aurait seulement désigné un lieu habité par ces « Egyptiens », proche de la ville de Modon dans le Péloponnèse qui constituait un port de passage habituel pour les Européens se rendant en Terre sainte. Chateaubriand dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem l’évoque ainsi :  A midi nous jetâmes l’ancre devant Modon, autrefois Méthone en Messénie. A une heure j’étais descendu à terre, je foulais le sol de la Grèce, j’étais à dix lieues d’Olympie, à trente de Sparte, sur le chemin que suivit Télémaque pour aller demander des nouvelles d’Ulysse à Ménélas : il n’y avait pas un mois que j’avais quitté Paris… Modon ne présente aux regards qu’une ville de moyen âge, entourée de fortifications gothiques à moitié tombantes. Pas un bateau dans le port, pas un homme sur la rive : partout le silence, l’abandon et l’oubli.

Le silence, l’abandon et l’oubli furent aussi le sort réservé à l’Egyptien bohémien, mot de cristal authentique qui ne resurgit plus que dans les pages des livres antiques. Mais à chaque fois qu’on le rencontre au détour d’une phrase, le mystère demeure sur ses origines soulevant autant d’interrogations que les jupons d’Esmeralda fascinent encore lecteurs et spectateurs.

Avec le Bossu de Notre Dame, adaptation libre du livre de Victor Hugo, la boutique magique de Disney a donné une nouvelle vie au roman et un public rajeuni à Esmeralda l’égyptienne, Quasimodo le bossu et autres  personnages d’une intrigue inventée par l’auteur pour sauver Notre-Dame de Paris des outrages du temps et de l’histoire, et qui menaçait ruines. Mission plus qu’accomplie : Viollet-le-Duc fut appelé au secours et la cathédrale sera restaurée à l’occasion de travaux échelonnés jusqu’en 1864.

Voici les définitions vagabondes concernant le terme bohémien, données dans les éditions successives du Dictionnaire de l'Académie française, de la première édition en 1694 à la cinquième en 1798 :

Dictionnaire de L'Académie française, 1ère Edition (1694)

BOHEME. Bohemien, Bohemienne. Sorte de gens vagabonds, libertins, qui courent le pays, disant la bonne aventure au peuple credule, & dérobant avec beaucoup d'adresse.On dit proverb. Cet homme vit comme un Boheme, pour dire, qu'Il n'a ny esquipage ny domicile assuré.

Dictionnaire de L'Académie française, 4ème Edition (1762)

BOHÈME, ou BOHÉMIEN, BOHÉMIENNE. On les nomme aussi Egyptiens. Ces mots ne sont point mis ici pour signifier les peuples de cette partie de l'Allemagne qu'on appelle Bohème; mais seulement pour désigner une sorte de vagabonds qui courent le pays, disant la bonne aventure, & dérobant avec adresse. Une troupe de Bohémiens.On dit familièrement d'Une maison où il n'y a ni ordre ni règle, que C'est une maison de Bohème.On dit proverbialement, qu'Un homme vit comme un Bohème, pour dire, qu'Il vit comme un homme qui n'a ni feu ni lieu.

Dictionnaire de L'Académie française, 5ème Edition (1798)

BOHÈME, ou BOHÉMIEN, BOHÉMIENNE. s. On les nomme aussi Egyptiens. Ces mots ne sont point mis ici pour signifier Les peuples de cette partie de l'Allemagne qu'on appelle Bohème; mais seulement pour désigner Une sorte de vagabonds qui courent le pays, disant la bonne aventure, et dérobant avec adresse. Une troupe de Bohémiens.On dit familièrement d'Une maison où il n'y a ni ordre ni règle, que C'est une maison de Bohème.On dit proverbialement, qu'Un homme vit comme un Bohème, pour dire, qu'Il vit comme un homme qui n'a ni feu ni lieu; et Foi de Bohème, pour exprimer Une foi pareille à celle que les Bohèmes sont supposés se garder entre eux.
Laurel & Hardy : La Bohémienne
A ce propos, souvenons-nous de la chanson d’Aznavour intitulée la Bohème, quand je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître [et que]  Montmartre accrochait en ces temps-là les lilas jusque sous nos fenêtres…,  [et que] la bohème, la bohème, cela ne veut plus rien dire du tout. 
Alors imaginez un instant, les Egyptiens, les Egyptiens, cela ne nous rappelle plus rien quand on n’est ni historien, ni généalogiste, ayant tout oublié de Molière ou d’Hugo pour se contenter du Bossu de Disneyland ou de la Esmeralda hollywoodienne et qui n’ont rien du tout de la bohémienne et encore moins de l’égyptienne, et alors même  qu’il y a longtemps que le duc des égyptiens ne vagabonde plus dans nos provinces à la tête d’une misérable troupe armée de piques, hallebardes et autres ferremens.

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Campement de bohémiens, par Vincent Van Gogh, 1888, Musée d’Orsay, Paris

Et puis, dans ce monde où le sort cruel d’Esmeralda continue d’être subi chaque jour par d’innombrables femmes innocentes, nous avons toujours la possibilité d’écouter, tant qu’il en est encore temps, une rhapsodie égyptienne en lisant un poème de Rimbaud.

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

A moins de ne préférer lire de Baudelaire, le poème les Bohémiens en voyage :

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s’est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson ;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L’empire familier des ténèbres futures.

Les petits bohémiens de notre enfance qui venaient s’asseoir épisodiquement sur les bancs de l’école, ruminant à la récréation sous le préau quelques maléfices inoffensifs, ne reviendront plus. Comme nous quittions nos culottes, leurs roulottes ont délaissé les routes de nos campagnes qui se dépeuplaient pour rejoindre les lumières balbutiantes des villes grouillantes. Plus d’égyptiens, plus de bohémiens, rien que des gens du voyage qu’on appelle Roms, fausse abréviation de romanichel, qui laisse croire désormais que ce peuple qui n’en finit pas de voyager, aurait des attaches chez les Romains ou les Roumains,  alors qu’en fait, il s’agit d’une dénomination officielle adoptée en 1971 par l’ONG l’Union Romani internationale, et qui est dérivée du hindi rom qui veut dire homme, pour tout simplement désigner d’un mot unique des populations multiples possédant langues, cultures et pérégrinations communes. Ces populations seraient originaires du nord du sous-continent indien. Par vagues successives depuis plus de dix siècles,  ayant traversé l’Iran et le Caucase, et après d’innombrables périples et péripéties, elles auraient essaimé en Europe. Les Gitans et les Manouches ne sont pas d’accord. Et ils ont peut-être raison. Car il n’y a rien de plus grandement incertain que les vastes certitudes exprimées en un mot.

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Jacques Callot (1593-1635), peintre et graveur, est célèbre pour ses gravures et peintures représentant des Bohémiens. A l’âge de 12 ans, attiré par l’Italie il quitte sa Lorraine natale et est recueilli par une troupe de bohémiens à Lucerne en Suisse, avec lesquels il se rend à Florence.

Appel à débattre de la création d’une capitale idéale

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Voici plus de soixante-dix ans qu’un jeune géographe, jean-François Gravier, dénonçait en 1947 dans un livre passé à la postérité, « Paris et le désert français », soulignant l’exception française qui fait que le centralisme politique hérité de l’Ancien Régime a gagné, de proche en proche, les sphères économique, culturelle, éducative, jusqu’à faire de la centralisation parisienne la règle générale (voir l’article ci-joint de J.L. Andréani paru le 15 juillet 2008 dans le journal Le Monde). A l’heure où les Gilets jaunes errent à Bourges ou Valence, en recherchant le bonheur économique de leur foyer tout en manifestant leur désespérance sociale dans la rue,  il serait temps de passer de la réflexion et diagnostic à l’action, car pour citer Gravier, Peut-on fonder l’avenir d’une nation sur l’hémorragie interne ? Peut-on fonder sa renaissance sur le gonflement congestif de 4 % de son territoire et sur l’appauvrissement continu en hommes et en productions de la moitié de ses provinces ? » Gravier résume d’ailleurs en trois mots « les vrais problèmes français » : « population, énergie, investissement ».

Résultat de recherche d'images pour "paris et le désert français"Paris lives and let die France

Et l’action, c’est chercher à éviter que l’attractivité de la Ville lumière n’étouffe les talents de province et asphyxie aujourd’hui plus qu’hier, plus de la moitié des territoires, condamnant leur population à piétiner sur les ronds-points pour exprimer bien plus que leur mal-être, tout simplement leur souffrance et désespoir d’être abandonnés à leur triste sort, entre chômage et précarité, sans plus même pouvoir payer le carburant aux taxes de dingue.

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Organisation ferroviaire de la France depuis Paris

C’est pourquoi l’heure est venue de marcher sur les traces historiques de François Ier et Léonard de Vinci qui avaient engagé le projet de création d’une capitale à Romorantin, projet dont nous avons fait état dans une précédente chronique datant de l’été 2015. Car l’urgence territoriale, économique et sociale est bien, aujourd’hui,  d’engager l’édification d’une capitale écologique idéale située dans le centre de la France, et pourquoi pas Romorantin, pour saluer cinq siècles plus tard le caractère visionnaire de Léonard de Vinci, disparu en 1519.

Résultat de recherche d'images pour "léonard de vinci romorantin"Vue de la Cité idéale d’Urbino, attribuée à Pierro della Francesca

Voici le moment d’apporter  les preuves qu’il s’agit là d’un projet ni farfelu ni utopique, sans même avancer les arguments  d’évidence en matière d’aménagement du territoire ou de développement durable, projet qui participerait  à la décongestion bienfaitrice de l’Île-de-France. Pour montrer l’évidence de ce projet, il suffit d’imaginer à quoi ressemblerait cette capitale si cette décision visionnaire avait été prise le 10 mai 1981 au lieu de passer à la retraite à 60 ans et plus tard aux 35 heures, décisions funestes qui ont asséché le dynamisme économique, jouant le rôle d’accélérateur pour la paupérisation de la France sur les dernières quarante années. Aux trente Glorieuses ont succédé les quarante funestes, si loin de l’esprit de la Renaissance.

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Qui dit capitale, dit gouvernement, ministères, administrations publiques et bureaucratie, donc bureaux et m². Quittant à partir de 1981 le Louvre, la rue Saint Dominique, le boulevard Saint-Germain et autres lieux de pouvoir parisien, la future capitale aurait accueilli les nouveaux immeubles du ministère des finances de Bercy, celui de la Défense à Balard, ou de l’équipement installé dans les hauteurs de la Grande Arche. Mais encore, le site des Archives nationales implanté à Pierrefitte ou la très grande bibliothèque François-Mitterrand.

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La Grande Arche, Balard, Bercy, Convention, la TGB, les archives de Pierrefitte

D’autres investissements immobiliers moins connus ont été entrepris. On peut citer la direction générale de l’aviation civile à Issy, le Centre de gouvernement de Ségur et bien d’autres réalisations pour le confort des administrations publiques à Paris. Le complexe de la gendarmerie nationale à Issy-les-Moulineaux aurait aussi pu rejoindre la nouvelle capitale. Et la Caisse des dépôts qui finance prétendument le territoires sans trop s’y astreindre,  au lieu de s’accrocher à  Paris, aurait implanté dans la nouvelle capitale ses immeubles d’Austerlitz et de la gare de Lyon.

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Les acquisitions immobilières prolifiques et coûteuses de l’Assemblée nationale ou du Sénat au fil des ans, auraient permis de financer les hémicycles parlementaires de la nouvelle capitale.

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Nouveau restaurant du Sénat, le 35 avenue saint Dominique acheté par l’AN à l’Etat, l’immeuble Austerlitz de la CDC

S’agissant de la Justice, la cité judiciaire des Batignolles et  une prison sur le modèle de Nanterre ou Villepinte, pouvaient tout à fait rejoindre le projet de nouvelle capitale.

Le tribunal de Paris

Dans le domaine sportif, l’Arena de Bercy, le vélodrome de Saint-Quentin, ou le Stade de France auraient trouvé leur place dans la nouvelle capitale, sans oublier le prochain village olympique 2024 à Pleyel ou les futurs bassins olympiques et le plan d’eau pour l’aviron et le kayak.

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Côté culturel, la nouvelle capitale aurait pu compter sur la cité des sciences et de l’industrie du parc de la Villette avec  la Géode, la Philharmonie de Paris, et aussi l’Opéra-Bastille, le musée des Arts premiers du quai Branly, ou encore l’IMA, l’institut du monde arabe.

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En matière d’éducation, s’agissant des universités, de la recherche ou des médias, le campus Paris-Rive-Gauche de l’université Diderot, le campus Condorcet de Sciences humaines de la Plaine-Saint-Denis, le cluster-Paris-Saclay, sans oublier par exemple le siège du CEA ou celui de France Télévisions, trouveraient naturellement leur place dans la nouvelle capitale, sans oublier Science-po ou l’ENA, jamais loin des cercles du pouvoir.

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Dans le secteur de la santé, la rénovation du ministère de la santé aurait été inutile puisque transféré dans la nouvelle capitale. Et l’hôpital européen Pompidou ainsi que le futur hyper-hôpital de Paris Nord y auraient trouvé leur place, bien plus facilement pour ce dernier, qu’à Saint-Ouen où il devra enjamber acrobatiquement une rue.

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Ne reste plus alors qu’à déplacer la pyramide du Louvre pour transformer celle-ci en sarcophage pharaonique d’une seule oeuvre d’art, la Joconde, afin de rendre hommage à Léonard de Vinci qui avait été chargé de construire la capitale à Romorantin. Louvre-Romorantin et  Centre Beaubourg-Romorantin,pourraient alors voir le jour selon les modèles de Lens et Metz.

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Ce serait l’occasion de développer le tourisme dans la nouvelle capitale à l’échelle mondiale même si cette fonction serait dévolue à Paris pour accueillir non plus près de cent millions de visiteurs par mais le double ou le triple d’ici 20 ans.

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Paris, capitale mondial des arts et des lettres, du tourisme et du tourisme d’affaires : touche pas à la tour Eiffel !

Il faudrait encore tracer une avenue de 10 à 12 kilomètres jusqu’au Cher pour y implanter une perspective Louvre – la Défense du 21ème siècle avec casinos  et champs de course, en commençant par reconstituer un nouveau jardin des Tuileries qui serait dédié aux cultures biologiques et à la sauvegarde des hannetons.

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Resterait alors  à aménager une maison forestière à Chambord en palais présidentiel pour que le chef d’Etat ne regrette point l’Elysée, Versailles et ses charmes,  à condition que l’architecte des Bâtiments de France accepte d’y construire un tennis, sinon le projet de construction d’une nouvelle capitale pourrait bien capoter faute de soutien des candidats se bousculant à la présidence, qui pourraient alors se montrer réfractaire comme un gaulois, à un tel projet. En fait, ce futur palais existe déjà, c’est la maison dite justement des réfractaires, une ancienne maison forestière transformée en hôtel 4 étoiles, où le Président en fonction a déjà séjourné !

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Quant au financement du projet, on peut compter sur l’adage royal et présidentiel : « je prends ce que je veux« , que les lecteurs assidus de l’auteur virtuel connaissent bien, puisque celui-ci en septembre 2017 dénonçait les abus et dérives fiscaux de l’Etat, un an avant le surgissement des Gilets jaunes. A ce sujet, le dernier paragraphe de cette chronique était prémonitoire des événements !

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Il est donc plutôt  préférable de procéder à un montage financier habile en revendant systématiquement tous les immeubles publics cités dans ce plaidoyer, lors de l’implantation future des administrations publiques dans la nouvelle capitale. Pour ne pas lasser ici, on ne ne reprendra pas les montants dispendieux de tous ces ouvrages financés sur le dos des Français tondus comme des moutons depuis 1981, au moins cent milliards d’euros !

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La Cour des Comptes porte une lourde responsabilité dans le désastre économique et social de la France depuis 40  ans. Si elle prétend toujours s’inquiéter de l’état préoccupant des finances depuis 40 ans (!), elle a toujours fait preuve de beaucoup de complaisance envers les dérives des projets, les gestions approximatives, les excès de dépenses, privilégiant les petits arrangements entre amis durant ces mêmes 40 ans.

Il serait aussi fait appel à l’épargne nationale et en comptant sur la spéculation boutiquière qui résulterait de la construction d’une nouvelle capitale, attirant l’édification de sièges sociaux, quartiers d’affaires, centres commerciaux et de loisirs, sans oublier les organisations religieuses rivalisant pour l’édification de cathédrale, temple, synagogue ou mosquée. On pourrait aussi imaginer de transformer le quartier de Bercy en nouvelle City à l’orée du Brexit ou bien obliger les entreprises du CAC 40 à quitter la Défense en transformant d’autorité la destination des tours en immeubles d’habitation pour ériger une ville nouvelle futuriste, incitant les grandes entreprises à rejoindre la nouvelle capitale idéale.

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La cathédrale d’Ivry et le Centre orthodoxe russe du quai Branly rivalisent d’audace architecturale

Et puis, pour l’activité économique, ce projet serait une forte impulsion pour booster la croissance atone, suivant le principe que « lorsque le bâtiment va tout va », avec des promesses de travaux publics gigantesques : routes, autoroutes, chemins de fer, TGV, aéroports, canaux, barrages, bref, tout ce que les Français ne font plus depuis quarante ans, rêver et avoir de l’imagination, prendre de l’élan, construire et songer ne serait-ce qu’un instant que le monde nous appartient et que tout est possible. Il n’y a pas que les galères et le pouvoir d’achat, il faut vivre heureux aussi. N’est-ce pas là ce que doit apporter un Grand débat ? Une perspective de changement salutaire pour les Français ? Et si Paris n’est plus Paris, si Paris ne devient plus le Grand Paris écrasant les provinces, mais une simple gigantesque métropole entre les autres, et qu’un nouveau Paris « hors-les-murs », surgit par enchantement comme nouvelle capitale, alors la France aura véritablement changé. Ce serait la décision d’un grand homme appelé à véritablement transformer le pays au lieu de se contenter d’être comptable ou bateleur. Et cela mérite de prendre le risque de lancer un RIC, le référendum d’initiative citoyenne !

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La France ne serait certes pas le premier pays à ériger une nouvelle capitale. New Delhi,redevenue en 1900 capitale de l’Inde aux dépens de Calcutta, Brasilia au Brésil, Ankara en Turquie, Astana au Kazakhstan mais encore Yamoussoukro en Côte d’Ivoire ou « Future City », la capitale sans nom en Egypte, sont autant d’exemples de projets plus ou moins réussis.

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Entièrement nouvelle et inaugurée en 1960, la capitale Brasilia est peuplé de 2,5 millions d’habitants.

Au fait, Connaissez-vous Romarantin, ville audacieuse, été comme hiver, appelée à un destin hors du commun pour abriter et orchestrer les effets d’un bon gouvernement, ce qui est le plus rare depuis quarante ans, sagesse et amour des hommes.

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Le bon gouvernement aujourd’hui c’est de décider de transférer la capitale de Paris vers une ville du centre de la France qui pourrait être Romorantin, suivant en cela l’audace de François 1er, en ayant en tête ce qu’écrivit Jean Bodin Langevin :  Or il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens : vu qu’il n’y a richesse, ni force que d’hommes : et qui plus est la multitude des citoyens (plus ils sont) empêche toujours les séditions et factions: d’autant qu’il y en a plusieurs qui sont moyens entre les pauvres et les riches, les bons et les méchants, les sages et les fous : et il n’y a rien de plus dangereux que les sujets soient divisés en deux parties sans moyens : ce qui advient ès Républiques ordinairement où il y a peu de citoyens.

Ce passage est extrait du chapitre 2 du livre V des Six livres de la République,  intitulé :  Les moyens de remédier aux changements des Républiques, qui adviennent pour les richesses excessives des uns, et pauvreté extrême des autres, l’auteur virtuel ajoutant dans une précédente chronique écrite en mai 2017, consacrée aux Effets du bon gouvernement : « tout un programme en ces temps de discorde et disette intellectuelles ! ».

Pour les « Effets du mauvais gouvernement à la campagne », point besoin  de se remémorer la fresque de Lorenzetti, il suffit de se promener dans les campagnes françaises en 2019.

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Et au fait comment s’appellerait cette nouvelle capitale ? Pourquoi pas Paris-hors-les-murs ?