Les maîtres de la sculpture ivoirienne

masques Bété -  Côte d’Ivoire

Connaissez-vous Tamé ou Tompière ?  Pas plus que Sra vraisemblablement, qui ne sont pas des footballeurs du PSG ou de Chelsea.  Ce ne sont pas plus des rappeurs ou des acteurs de cinéma, toutes catégories habituelles dans lesquelles on range les artistes africains. Car que vous le vouliez ou non, à l’ère des médias sociaux, un footballeur est aujourd’hui un artiste, misère de misère.  Pour ce qui nous concerne, Sra, Tompiere ou Tamé sont en fait des sculpteurs, de très grands sculpteurs méconnus en Occident qui cultive l’entre-soi avec acharnement en matière d’art.

 

le masque africain Baoule expression de l' Afrique

Masque Baoulé, Côte d’ivoire (et masque Beté, en page de garde)

Le musée du quai Branly à Paris, qui serait toujours arrimé au quai Branly aux dernières nouvelles sauf s’il a dérivé dans la nuit, a l’excellente initiative d’organiser régulièrement des expositions consacrées à l’art africain,  comme celle tenue en 2015 pour découvrir les  Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire. Et il n’est pas rare d’y entrer en obtenant un billet gratuit pour un billet acheté, ce qui permet par exemple d’y emmener votre père qui perd la mémoire.

Africa | Face mask from the Senufo people, northern Ivory Coast | Bronze, copper | ca. 1950s

Masque Senufo, Côte d’ivoire

Justement, l’art africain retrouve la mémoire après un ou deux millénaires de léthargie, ce qui est plutôt bon signe. Tout a commencé en 1935 lorsqu’un ethnologue allemand, Hans Himmelheber,  a décidé d’appliquer les méthodes d’expertise scientifique de l’art, lorsque le moindre détail est recherché et compte tel qu’une signature spécifique, une facture identique de différentes œuvres permettant  de retrouver l’artiste d’origine derrière une appellation commune, comme par exemple en peinture flamande tel ou tel peintre appartenant à un atelier de Bruges, de Gand ou d’Anvers. Cette méthode a été aussi utilisée pour retrouver les artistes sculpteurs qui ont réalisé les tympans et retables des églises, abbayes et cathédrales.

Ivory Coast | Bracelet from the Senufo people | Bronze/copper alloy | 960CHF ~ sold (June/09)

Bracelet Senufo, Côte d’Ivoire

Au début du vingtième siècle, pendant l’ère coloniale faut-il le préciser, les artistes et intellectuels occidentaux se sont pris de passion pour les masques  et statuettes  africains, s’intéressant aux oeuvres et non aux artistes, s’inspirant de « l’art nègre » pour leur propre production artistique comme Picasso, Braque ou Matisse, mais encore Derain ou Vlaminck. Le cubisme s’en est notamment fortement inspiré. Ces ivoires, ces bronzes, ces laitons ou bois patinés furent considérés comme des travaux d’artisan au service de rituels sacrés, sans véritablement chercher plus  loin la signification de ces objets d’art en distinguant ce qui relevait du profane ou du sacré, du décor ou du rite. Dan Mask, Ivory Coast

Masque Dan, Côte d’ivoire

L’ethnologue Himmelheber va donc publier en 1935 un ouvrage qui fait date. Il ne se contente pas de montrer de belles images comme souvent chez les experts d’art. Il recherche tout simplement qui sont les auteurs de ces masques et statuettes et va prendre le temps de comparer et dénouer de véritables intrigues, arrivant à la conclusion qu’il ne s’agit pas d’artisans anonymes au service de rituels mais de véritables artistes, réputés connus, appréciés, demandés, allant de cour en cour, abandonnant leur métier d’origine: forgeron, cultivateur, pour devenir des créateurs itinérants au même titre que des Raphaël, de Vinci ou le Caravage qui ont sillonné l’Europe à la Renaissance.

Dan.

Sculpture Dan, Côte d’ivoire

Le travail d’Himmelheber a permis d’attribuer des noms à ses artistes africains en tenant compte des traits spécifiques de leurs œuvres. On parle alors du maître de la crête de coq ou du maître du dos cambré. Douze d’entre eux ont été identifiés dont Sra, Tamé ou Tompième. A l’occasion d’une visite à ce musée arrimé au quai Branly, vous y croiserez peut-être par la même occasion l’auteur virtuel qui oeuvrait à la publication de chroniques dans les défuntes Lettres d’ivoire.  Avant de disparaître corps et biens pour parler comme Robert Desnos le surréaliste, il était connu pour apprécier ce musée au même titre que le musée Guimet. Personne ne peut être insensible à  ce qui vient de l’Inde, du Japon ou d’Afrique, sans oublier loas d’Haïti et Khatchkars d’Arménie.

LES BRONZES AFRICAINS Cote d'ivoire

Bronze africain, Côte d’ivoire

Et puis, comme en témoigne la photographie ci-après, la sculpture n’est pas qu’une question d’art en Afrique,  elle est tout simplement la vie comme en témoigne une simple coiffure: qui s’en plaindrait ?

Africa | Woman taking part in a hair show held in the Ivory Coast.

Et si un jour, vous envisagez de vous rendre en Côte d’ivoire ou un autre pays africain, n’hésitez pas à vous rendre au musée des Arts premiers, quinze mille chefs d’œuvre vous y attendent!  Quant aux coiffures, il y a la presse féminine, la rue le métro parisien ou les magiques salons de coiffure africains. On peut aussi regarder les vélib qui passent sur le quai. L’art africain est partout où se trouve la vie.

Fantastically multicoloured cyclist in a bright yellow dress with a red fringe and a blue hair wrap...

 

Et merci à Guy C., mon oncle d’Afrique veilleur africaniste à toute heure du jour et de la nuit, alors que que nous sommes occupés, chaque jour de la semaine que Dieu fait à accrocher notre hamac au grand baobab de fer, juste à côté du musée, pour faire une sieste salvatrice au rythme des péniches qui viennent s’arrimer au quai Branly où somnolent des trésors venus du monde entier pour notre plus grand bonheur.

La Tour Eiffel Tower automne autumn fall

En art africain, il n’y a pas que des sculptures en bois, mais aussi de la métallurgie: fer, cuivre, laiton, bronze, argent ou or. C’est dire qu’il faut être ignare ou idiot pour prétendre que l’Afrique ne serait pas entrée dans l’histoire alors qu’elle est la porte d’entrée à toute notre histoire mondiale depuis dix millénaires.

« Seul est mien le pays qui se trouve dans mon âme »

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Voici une chronique de l’Auteur virtuel publiée en janvier 2015, à l’ouverture du site internet le Livre d’une Vie, passée alors inaperçue, issue du souvenir de la visite au printemps 2013 de l’exposition « Entre Guerre et Paix », consacrée à l’oeuvre de Marc Chagall au musée du Luxembourg, en compagnie de Jean, atteint de « petits troubles de la mémoire » pour reprendre son expression, et qui allaient prendre au fil des années le Chemin du retour. Cette chronique pressentait le désastre imminent, appelant au secours les mânes de Blaise Cendrars et Marc Chagall, pour que tout demeure entre art, poésie et musique. 

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Exposition Chagall au musée du Luxembourg, printemps 2013

Voici le texte publié en janvier 2015, consacré aux vitraux de Marc Chagall visibles à Metz et Jérusalem :

C’est à toi que je pense Marc Chagall. Personne d’autre que toi n’est capable de témoigner avec autant de lyrisme pictural, que Dieu entoure toutes choses et pénètre tout.

Voilà, cette nuit, que ma mémoire est en feu : je me souviens du jour lorsque de petits nuages tournent, se dissipent, se fondent. Je ne sais si la route elle-même prie et si les maisons meurent, mais tu rends évident que le ciel passe de tous côtés.

OEUVRE

Fresque de Marc Chagall pour le plafond de l’Opéra Garnier à Paris, 1964

Le poème Pâques à New York écrit par Cendrars nous demande :

Où sont les longs offices et où les beaux cantiques ?

Où sont les liturgies et les musiques ?

Où sont tes fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains ?

Où l’aube blanche, l’amict des Saintes et des Saints ?

Ils sont là, Blaise, ils sont là, dans les vitraux réalisés par Marc Chagall, ton ami peintre, qui écrivit : Seul est mien le pays qui se trouve dans mon âme. [ Au fait, qui d’autre qu’un poète tel que toi, Blaise, pouvait encore se préoccuper de sauver la nonnain que Pierre de Ronsard évoquait en 1555 : Contrefais-tu la nonnain. Dedans un cloître enfermée ?]

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Vitrail de la Création, par Marc Chagall, cathédrale de Metz

Ami lecteur, si tu passes à Metz, arrête-toi admirer les vitraux de la cathédrale, que Chagall a réalisé en 1958, lui qui confia : je ne peux pas prier, je travaille seulement ; et priez pour lui, pour ce qu’il nous a donné, qui ne sont pas les lumières de la Bible ou sa beauté énigmatique, mais la Bible elle-même, car nul mieux que lui ne sait nous retransmettre la simplicité du récit biblique : chaque couleur doit encourager pour prier.

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Si d’aventure, ami lecteur, tes pas te conduisent sans trembler en la Jérusalem céleste, rends-toi là où Chagall a trouvé à la fois la lumière et la terre, la matière, son talisman organique. C’est en la synagogue du centre hospitalier de l’université hébraïque Hadassah à Jérusalem, dans le ciel de Judée, que s’élève les douze maisons de verre bénies, chaque jour,  par les rayons du  soleil, figurant les douze tribus d’Israël, à qui Dieu donna le pays de Canaân. Je veux tous les nommer pour me remémorer les couleurs dominantes :

Ruben, bleu azurin, saphir

Siméon, sang du taureau immolé

Lévi, l’or sur la terre

Juda, à qui obéiront les peuples, au midi du monde

Zabulon, au bord de la mer, au temps des moissons

Issacar, âne vigoureux, couché au  milieu des étables

Dan, serpent tellurique sur le chemin qui dispense mort et vie

Gad, qui détrousse les détrousseurs, sang répandu au milieu de la vallée fertile

Asher, pain savoureux, équilibre du monde

Nephtali, biche en liberté qui donne de beaux faons, jaune du nouveau soleil

Joseph « à lui la gloire », aux couleurs aériennes et légères, jaune, bleus, rouges, verts

Benjamin, loup rapace, bleu des sources originelles.

Les 12 maquettes des vitraux d’Hadassah à Jérusalem

Je vous dirai un jour comment les visites en la synagogue du centre hospitalier Hadassah à Jérusalem  en 1985 et 2011, ont inspiré mon œuvre, y apercevant ici un cadran solaire, là une sphère céleste, qui, en l’esprit matérialisé par la lumière, nagent dans les eaux de la Vie, au milieu des malades qui souffrent. La beauté seule peut sauver le monde et guérir les hommes. C’est là, à vingt-cinq ans de distance que j’ai trouvé ma couleur, ma tonalité littéraire.

Chagall nous dit : Regardez Rembrandt, regardez Chardin, regardez Monet, chacun a sa chimie.  En écriture comme en peinture ou en musique, il n’y a pas de gribouillage, de dessin ou de portée, mais de la lumière, une œuvre qui se lève dans toute sa plénitude avec les premières lueurs de l’aurore, les Promesses de l’aube, qui deviennent lumière au milieu des  tourments et des angoisses que l’on apprend à maîtriser par une longue vie de travail entièrement dédié à faire ressortir du néant, du noir et de la grisaille, la lumière de l’esprit qui nous porte.Les vitraux de Chagall à Hadassah

Et si vous doutez que c’est bien ainsi que cela se passe, écoutez Marc Chagall parlant d’un quintette de Mozart, le « divin Mozart » : Où Est-ce qu’il a déniché ça ?  Quelqu’un lui a chuchoté ça… chante ça… et il chante, il écoute la dictée des anges… ce n’est pas donné à tout le monde ça, il fait tout ce qu’il veut, à droite, à gauche… ça marche, ça marche.

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Apprenons en admirant les vitraux de Chagall à écouter la dictée des anges, qui lui permet d’y mettre toute la lumière du monde. Ce n’est pas une question de palette de couleurs, de technique ou de plombs mais un don, le don de la Vie.

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Vitrail de l’Arbre de Vie, à la chapelle des Cordeliers

Où vont les larmes des peuples quand le vent les emporte

Dans le monde où rien ne dure que les larmes, pour reprendre Pétrarque, l’auteur italien des Sonnets nous invite à méditer sur ces songes de pierre que sont les ruines mystérieuses de ce pays des larmes de sang qu’est la France. Chateaubriand dont le général de Gaulle dit à Quimper peu avant de quitter le pouvoir en 1969, qu’il avait porté jusqu’à la cime la gloire émouvante de nos lettres, écrivit en 1848, dans les mois précédant sa disparition, que la terre n’est que la cendre des morts pétrie des larmes des Vivants. Nombre de nos monuments ont à cette époque disparu en poussière de pierres dans une indifférence quasiment générale qui s’explique par l’immensité des souffrances humaines endurées entre 1789 et 1815 : le sort des édifices issus des pillages et du vandalisme passait bien après la cendre de tous ces morts prématurés retournés à la terre dans ces batailles sans fin. Ainsi de l’édifice initial de l’abbaye de Cluny fondée en 1910, dont il ne reste plus de 10% après les destructions sous la Révolution française

Ces ruines monumentales sont autant de larmes de sang emportées par le vandalisme pour reprendre l’expression de l’abbé Grégoire. Elles alimenteront la constitution du mouvement romantique qui traversa la littérature et la musique au dix-neuvième siècle. C’est Musset, dans Lorenzaccio,  qui  en une seule interrogation d’une simplicité annonciatrice des futures révolutions, répond indirectement à tout ce qui relève de ces destructions analphabètes : sais-tu où vont les larmes des peuples quand le vent les emporte ?  Faire table rase du passé est s’exposer au malheur perpétuel.

Les romantiques ont assez pleuré sur ces vestiges émouvants pour que Prosper Mérimée s’acharnât à sauver ce qui pouvait l’être avec des moyens financiers et humains alors dérisoires, comme le théâtre d’Orange dont il engage la restauration en 1825 avec des lmoyens dérisoires. Autant ses oeuvres littéraires sont de faible intérêt malgré Carmen et une dictée restée célèbre, autant son travail d’inspecteur général des monuments historiques fut fructueux, nourri d’incessants voyages en province destinés à un recensement des édifices historiques qui préfigurera l’inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France créé, un siècle plus tard, par André Malraux, devenu en 1978, la base Mérimée, en accès libre sur internet. http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/

De ce mal absolu que fut le vandalisme révolutionnaire condamné par l’abbé Grégoire pour avoir fait verser d’innombrables larmes de sang, en définitive il en est issu un bien relatif retracé aujourd’hui dans le code du patrimoine, qui constitue probablement la législation la plus protectrice au monde du patrimoine culturel. Rien n’échappe à cette protection, que ce soit le trésor national, les collections publiques ou privées, les archives, les bibliothèques,  les musées de France, l’archéologie, les monuments historiques, les sites et espaces protégés sur l’ensemble du territoire national y compris outre-mer. Et l’administration française ne manque pas d’institutions prestigieuses dont la vocation est d’assurer la protection de ce patrimoine, bien commun de la Nation.

Palais vieux  Palais des Papes  Avignon © VF

Le Palais des papes d’Avignon en 1791, dont la destruction est votée en 1792 et qui est transformé pour partie en prison jusqu’en 1871 et pour partie en caserne jusqu’en 1906 ; la réhabilitation exigea plusieurs décennies 

Plusieurs précédents articles ont recensés quelques édifices disparus dans la longue liste des pertes monumentales inestimables. L’action initiale entreprise par Prosper Mérimée pour protéger le patrimoine national a permis de sauvegarder d’innombrables monuments dont voici quelques-uns parmi les plus remarquables qui doivent directement à Mérimée leur survie dans le temps, comme le classement en 1850 du monument chrétien considéré comme le plus ancien d’Occident. Il s’agit du baptistère Saint-Jean, situé à Poitiers qui date de 360, et qui se trouve à proximité der la cathédrale.

On y trouve aussi des fresques murales datant du XIIème siècle. L’édifice faillit être emporté dans la tourmente révolutionnaire. Désaffecté, il fut vendu comme bien national en 1791 et transformé en hangar. Un temps menacé d’être démoli, il est sauvé par une souscription publique qui en permet le rachat en 1834.

Musée archéologique - église Saint-Laurent - Grenoble - Journées du  Patrimoine 2019

Crypte Saint-Laurent, au musée archéologique de Grenoble

De même, Mérimée procède en 1850 au classement de la crypte Saint-Laurent de Grenoble qui se trouve au pied de la colline de la Bastille et qui se trouvait menacée de destruction. Cette crypte datant du VIème siècle appartenait à un ensemble plus vaste de nécropoles chrétiennes de la fin du quatrième siècle. A compter du sixième siècle, des églises furent successivement construites sur cet emplacement dont une église carolingienne ou un prieuré, constructions et destructions alternant jusqu’à ce que la dernière église en date, enserrée dans les remparts de la ville, fut transformé en musée départemental en 1853. D’importants travaux de rénovation du site seront entrepris à compter des années 1860 et pendant le vingtième siècle, ainsi que des fouilles archéologiques ayant mises à jour plus d’un millier de sépultures du premier site d’inhumation chrétienne de la ville.

Fresque des arts libéraux en la cathédrale du Puy-en-Velay

Au Puy-en-Velay, toujours en 1850, Mérimée, à l’occasion d’une visite d’inspection, découvre des fresques murales en la cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation. Cette cathédrale qui est un monument exceptionnel de l’art occidental, est aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’Unesco et constitue un des lieux majeurs en France des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les fresques découvertes par Mérimée remontent au XVème siècle et représentent quatre des sept arts libéraux : la Grammaire avec Priscien, la Logique avec Aristote, la Musique avec Tubal-caïn, ainsi que la Rhétorique avec Cicéron. Il est à noter que la cathédrale, datant principalement du XIème siècle, menaçait ruine en 1836 ; elle fit l’objet d’une démolition et d’une reconstruction à l’identique ou presque entre 1844 et 1870, à l’exception de la coupole et de l’abside reconstruite différemment (photo introductive : la cathédrale du Puy-en-Velay.)

Les six tapisseries de la Dame à la licorne

On doit aussi à Prosper Mérimée, d’avoir classer en 1841 les célèbres tapisseries qui composent la tenture de la Dame à la licorne. Celles qui sont arrivées jusqu’à nous sont au nombre de six et constituent une allégorie des sens : toucher, goût, vue, ouïe, odorat, ainsi qu’une dernière, d’interprétation multiple, dénommée Mon seul désir, encadrée de deux voyelles : A et I. Tissées dans les Flandres avant 1500, elles se trouvaient dans le château de Boussac qui fut acquis par la municipalité et devint une sous-préfecture. L’Etat acquis les tapisseries en 1882 pour les exposer au musée de Cluny devenu depuis lors musée national du Moyen-Âge, où elles sont exposées dans un véritable écrin architectural. Il semble que ce fut georges Sand, un temps amante de Mérimée qui lui signala l’existence de ces tapisseries parmi les plus célèbres au monde.

Tapisseries de la Dame à la Licorne : Notre seul désir

Et aujourd’hui, notre seul désir est, si Dieu veut, que tous ces trésors puissent être donnés en héritage à nos successeurs, comme témoignage d’une beauté du monde qui n’est pas éphémère mais éternelle.

 La cathédrale du Puy-en-Velay  en 1836, avant reconstruction