The long and winding road

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Le 9 janvier dernier, alors que s’achevait la traque policière pour mettre hors d’état de nuire les auteurs des attentats contre Charlie-Hebdo et la supérette kasher  porte de Vincennes, qui avaient ensanglanté Paris, il a été publié sur ce site une chronique intitulée Enfant d’Europe commençant ainsi : « N’ayez pas peur ! ». En ce jour d’hommage national aux victimes encore bien plus nombreuses des attentats du 13 novembre, parcourant ce texte faiblard, et constatant qu’il faisait référence à une chanson célèbre des Beatles, le publier à nouveau avec quelques corrections, est une façon de témoigner aux victimes et à leurs familles que nous sommes bien décidés à ne rien céder tout au long de cette immense route venteuse pleine de périls, qui nous attend :

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Notre combat n’est pas simplement contre le terrorisme islamiste, ce serait tragiquement réducteur, c’est un combat pour la liberté. La vérité est que personne n’a le droit d’en priver le genre humain, encore moins par la force et la violence. Voici le texte publié le 9 janvier 2015. Il n’y a rien à y changer ou presque, sauf le « Je » qui est un autre, devenu  ici « Nous ». Quant à la fin peu compréhensible dans le texte du 9 janvier, y compris pour son auteur, elle a été entièrement revisée.

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Ne comptez pas sur nous pour rejoindre le chœur des affolés, des indignations assagères  et des émotions stériles ; ce n’est pas en s’apitoyant sur notre sort que l’on combat pour la liberté, un combat que pour notre part nous avons toujours mené avec obstination et que nous avons bien l’intention de poursuivre par l’écriture, en accompagnant le monde. L’obstination du hasard aidant, un thème cher à l’auteur virtuel, ce site a ouvert le premier jour de l’an 2015, soit trois jours avant que la liberté de l’expression ait été cruellement attaquée par trois égarés haineux, trois fois hélas, et prodigieusement minables, qui ont atteint leur objectif à en regarder les sinistres réctions publiques et médiatiques : faire peur, inciter à la haine et chambouler les esprits. Et bien qu’il en soit ainsi : en avant marche.

« N’ayons pas peur ! « Qu’avons-nous à craindre, Enfants d’Europe,  venus de la terre entière, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique ou d’Océanie, attirés par  les phares de la liberté qui brillent en chacun de nos cœurs au souvenir de tous ceux qui ont disparu dans la mitraille, sous les bombes ou dans les camps d.’extermination qui peuplèrent au siècle dernier l’Europe du Rhin à la Kolyma, sans oublier le génocide arménien ? Et bien, qu’il en soit ainsi : en avant marche

Magic curves #roadtrip #travel:

Qu’avons-nous à craindre, Enfants d’Europe ? Est-ce nous qui avons peur de nos femmes, qui les empêcherions de prendre un volant ou d’exercer  bien d’autres droits sous prétexte d’en faire une chose inerte qui rassurerait les tremblants misogynes ? Ne nous trompons pas de combat, c’est en commençant par défendre le principe d’égalité de la femme et de l’homme, que nous ferons reculer l’horreur. Et bien, qu’il en soit ainsi : en avant marche.

LE CONTAINER:

Qu’avons-nous à craindre, Enfants d’Europe ? Est-ce nous, adultes,  qui avons peur de nos enfants que nous envoyons à l’école et qui jouent au ballon et qui rient, et que nous cherchons à protéger des rapaces, des prédateurs et des insensés ?   Ou bien, ne serait-ce pas plutôt eux, ces terroristes, qui ont si peur de la liberté qu’ils sont capables d’enrégimenter des enfants et  de les transformer en soldats à balles de plomb avant l’âge ou, pire encore, en  horribles bombes humaines ? Et bien, qu’il en soit ainsi : en avant marche.

Winding roads:

Commençons par donner à la Femme toute sa place dans notre société de liberté, et aimons tous nos enfants, quels qui soient, et qu’importe leurs origines et leurs religions qui ne peuvent masquer leurs fragilités dissimulées à l’aube de leur vie pleine de promesses : ce serait déjà un commencement que de veiller sur eux et bien s’en occuper, en gardant en mémoire qu’il nous faut toujours chercher à leur pardonner en toutes circonstances, quelles que soient les difficultés à concevoir le pardon lorsque le crime est si immense de cruauté.

Serra do Rio do Rastro, Brasil: a estrada mais “assombrosa” do mundo. (Foto: sawuelbruno/Panoramio):

Car on ne peut avoir peur quand on aime sur le chemin de la liberté, qui est une longue route venteuse pour reprendre le titre de la chanson des Beatles, The long and winding road ; et le rock ou les livres lus en terrasse nous rendent libres comme une pierre qui roule sur cc chemin.  Les diamants du ciel du siècle dernier sont encore proches pour nous éclairer sur cette route. Et ces étoiles s’appellent Soljénitsyne,  Dombrovski, Chalamov, Boulgakov, Levi, Grossman, Nina Berberova, Simone Weil, Axionov, Abram Tertz, Galanskov, Isaac Babel, Mandelstam, Stefan Zweig, Georges Bernanos, Robert Musil, Hermann Broch, Elias Canetti, Léo Perutz, Lernet-Holénia, et tant d’autres, tels Von Doderer et Arthur Schnitzler dont les livres furent brûlés par les nazis alors que lui, était déjà mort.  Sans compter que Dostoïevski nous en apprend sur le terrorisme bien plus que tous les savants traités parus lors du dernier demi-siècle.

El camino más corto y más seguro para vivir en el mundo con honor, es ser en la realidad lo que aparentamos ser.:

Mais là, en cet instant c’est à Joseph Roth que nous pensons, l’auteur du Poids de la Grâce et de la Marche de Radetzky publié en 1932.  Lucide, il écrit à Zweig en 1933 lorsque Hitler prend le pouvoir : « la Barbarie a réussi à établir son règne. Ne vous faites aucune illusion. C’est le règne de l’enfer ». Exilé à Paris, atteint d’une crise de delirium tremens, il mourra dans une salle commune de l’hôpital Necker, à l’âge de 45 ans, après avoir publié « la Crypte des capucins » qui est peut-être son chef d’œuvre. Jamais il ne renonça, toujours digne dans le malheur le plus extrême.

Bolivie, la route la plus dangereuse du monde:

Alors, nous qui pouvons passer notre temps à dialoguer ouvertement, jour et nuit, avec ces maîtres littéraires témoins de la liberté, nous ne voyons aucune barbarie qui puisse réussir à établir son règne dans le millénaire à venir, et s’ils nous faut réinventer le roman, ce ne serait certainement pas le titre Soumission qu’ils nous viendrait à l’esprit, mais plutôt  Insoumission, tant certains crasseux aux idées courtes et convenues nous fatiguent par leur perversion et la satiscfaction qu’ils éprouvent à susciter la peur.

Droit devant....:

Ce ne sont pas ces innombrables assassins pourchassant dans un monde tourneboulé l’innocence aspirée par le crime haineux, qui nous empêcheront de regarder, la nuit, les jeux de lumière des fenêtres éclairées : elles nous fascinent et nous inspirent.  Amie lectrice et ami lecteur,persévérants et charitables, comment voulez-vous  que nous n’exercions pas la liberté de vous aimer dès lors qu’il nous suffit de simplement aimer la liberté d’écrire qui est tout simplement écrire en toute liberté pour manifester notre espérance ?  

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Pour vous toutes et tous, enfants d’Europe et du monde entier, qui nous avez quittés dans des conditions épouvantables victimes de l’aveuglement totalitaire, promettons de ne jamais faiblir afin que se perpétue ce pourquoi vous êtes tombés si jeunes et si injustement, la Liberté. Vous êtes à jamais en nos cœurs pour que nous demeurions, quoiqu’il arrive, fidèles à cette promesse. Et que l’Espérance gagne vos familles, vos amis et  vos proches, pour qu’ils puissent un jour surmonter leur douleur et retrouver la force de vivre en l’absence de ceux qui ont été fauchés si cruellement, sans pour autant un instant les oublier. Face aux monstres haineux de la nuit terroriste, soyons le peuple miséricordieux de la lumière, celui de l’Amour : la vérité si fragile l’emporte toujours sur la violence aussi brutale qu’elle soit.

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