Au jour des élections

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La campagne électorale qui vient de s’achever témoigne que les Français demeurent un peuple celte attaché à la tradition du combat des chefs et aux bagarres crépusculaires entre ivrognes pour qu’à la fin il ne reste plus qu’un vainqueur amoché, levé sur le bouclier en triomphe. L’illustre César d’Alésia revenant à Rome est d’autant plus loin de notre imaginaire qu’il traîne à sa suite le Vercingétorix de Gergovie qui nous est bien plus proche, au point que lors des derniers scrutins, nos choix ont fini par ressembler à porter aux nues quelques obscurs Abraracourcix.

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C’est au génie du Grand Charles que nous devons ces élections présidentielles qui correspondent tant à cette passion française pour la boxe politique, où tous les coups sont permis y compris sous la ceinture. Et les médias s’y connaissent pour s’acharner sur les prétendants jusqu’au dernier sang, même lorsqu’ils sont tombés à terre. La vindicte populaire n’attend qu’un mégot pour s’embraser et Nini peau de chien et Bibi la crème n’aiment rien tant qu’embastiller avant même d’avoir juger en toute sérénité, une tradition régalienne adoptée par le peuple devenu souverain.

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« Malheur aux vaincus » est la marque de fabrique des élections françaises, bien plus que dans toute autre démocratie, car contrairement à ce que l’histoire récente des pays voisins laisse croire, les Français apprécient bien plus l’esprit de chefferie que les Allemands, par exemple. Vercingétorix le rebelle, Clovis, Hugues Capet, Saint-Louis, le Roi-Soleil, Napoléon, Clémenceau ou Charles de Gaulle sans oublier, hélas, le vieillard honni de l’île d’Yeu, sont autant de figures historiques qui révèlent ce culte pour l’homme providentiel assumant le destin d’une nation bimillénaire au milieu des tempêtes nocturnes déferlantes et de l’écume des jours.

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Les mécanismes de l’élection présidentielle voulue par Charles de Gaulle ne sont guère différents des principes en vigueur lors de l’élection d’Hugues Capet, le 1er juillet 987, qui bénéficia de l’intervention de l’archevêque de Reims à la recherche, déjà, d’un accord avec la Germanie. En 1962, à l’issue des « événements d’Algérie » qui dissimulaient une longue guerre féroce dont les conséquences se perpétuent jusqu’à nos jours, de Gaulle, obsédé à juste titre par trois conflits avec le redoutable voisin germanique, trouva, de nouveau, le chemin démocratique de l’élection du chef pour nouer cette alliance politique avec le peuple allemand, amitié jusqu’alors perpétuée et qui est la clef de voûte de la stabilité et de la paix en Europe.

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Le 8 juillet 1962, de Gaulle et Adenauer scellent l’amitié franco-allemande en la cathédrale de Reims où Hugues Capet fut élu roi

Il n’est rien de plus important que perpétuer cette amitié avec l’Allemagne et d’approfondir les mécanismes de paix en Europe, y compris avec cette Russie aux talons d’argile, dont la puissance nucléaire n’a d’égale que l’immense détresse économique et sociale d’un peuple trahi par ses oligarques corrompus, toujours plus assoiffés de richesses pétrolifères et gazières.

Brexit or not Brexit, L’Angleterre a été, est et sera toujours une île européenne

Et il est tragique aujourd’hui de constater qu’en France le débat politique est mené par une cohorte vulgaire de politiciens médiocres qui crachent sur l’Europe comme on pisse dans un tonneau ou un violon, pas moins de huit au total sur onze lors de ces élections, qui accusent l’Union européenne de tous les maux, là où nous ne pouvons que nous en prendre à nous-mêmes, pour tant de faiblesse, d’inconstance et d’imprévoyance intérieures.

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C’est pourquoi, ce jour, nous irons voter avec trois idées en tête. Tout d’abord, qu’il faut reprendre avec volonté et ténacité la marche de la construction européenne, jusqu’à prôner désormais une  véritable Union franco-allemande au delà de l’union économique et monétaire, mais encore en matière fiscale, sociale, éducative, scientifique et  de défense. Ensuite, qu’il faut avec énergie propulser dans la société française tout ce qui participe à l’esprit de liberté et responsabilité individuelles, jusque dans la sphère politique, économique et sociale qui souffre d’égalitarisme forcené. Et enfin, que la vie ne vaut pas d’être vécue sans esprit de fraternité, au-delà des chapelles et des frontières, à l’échelle du monde, en veillant à un dialogue apaisé entre les générations et entre les peuples, quels que soient leurs espérances.

Bienvenue aux nouvelles générations et futures élites européennes

Pour être encore plus clair, nous ne devons nous déterminer lors des scrutins électoraux que dans le prolongement de cette longue traîne de l’histoire européenne, un long manteau constitué de paysages écarlates où brillent les phares de l’esprit que sont Assise, Compostelle ou Vézelay. Tout le reste n’est qu’éphémère.

Notre Terre n’est pas très grande, mais il y a de la place pour tout le monde à condition de ne pas s’y bousculer et de faire preuve de bonne volonté plutôt que de recourir à la violence.

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Election du roi Hugues Capet, en 987, année de naissance de la démocratie française

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