Comme la paille que le vent dissipe

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Confrontés aux déchaînements de haine et de violence répercutés par la sphère médiatique et les réseaux sociaux, nous sommes désarmés face à certains comportements stupéfiants, effarants ou glaçants. Dans une précédente chronique nous évoquions les viols d’enfants et abus sexuels d’un pervers pépère qui a sévi pendant des années en bénéficiant de la complicité passive ou active de professionnels de l’édition en rupture de toute moralité intellectuelle depuis des décennies.

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Appelé le « boulevart du crime », où se bousculaient les théâtres parisiens, Le boulevard du temple est le décor où se déroule les Enfants du paradis, le film de Carné (1945)

Voici que la politique s’invite aussi au banquet des atrocités médiatiques du fait des enfantillages sexuels d’un prétendant  à une élection capitale. Ce serait simplement amusant si la courtisane d’ascendance italienne n’était accompagnée dans le scandale par un avocat qui n’en porte que le titre et un artiste de l’automutilation ayant tous les deux ou trois spectaculairement monté pour l’édification des masses, une machination infernale qui fait le malheur des hommes grivois. Au passage, la profession d’avocat n’en sort pas innocentée. Quant au droit d’asile, il devient un droit au mépris d’un pays qui s’honore de longue date à accueillir les apatrides.

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Les réseaux sociaux sont désormais le boulevard numérique du crime, où le spectacle est aussi bien à la porte des réseaux que dans les réseaux mêmes.

Mais s’il n’y avait que l’édition et la politique où la compagnie des moqueurs s’assied sur la voie des pécheurs ! Voilà que le monde du cinéma peuplé de jean-foutre de garde-champêtre pour reprendre une expression de Roger Martin du Gard, se retrouve confronté aux turpitudes libidineuses qui sont le ressort de cette industrie depuis ses origines, de l’éveil sensuel des âmes adolescentes aux incitations sexuelles que suscitent les images érotiques ou pornographiques. Le scandale est le moteur du cinéma sans lequel il n’y aurait pas d’industrie du cinéma. Dans un univers où le rimmel des stars est en compétition permanente avec les paillettes des starlettes, le champagne des producteurs et les lunettes noires des acteurs n’aiment rien tant que les guinguettes où les gogos assistent au spectacle du défilé des actrices en goguette au bras de la fortune d’un jour, qui bientôt glisse vers le bas de l’infortunée. Dans ce monde de l’illusion, la seule magie qui s’exerce est celle des bobines de l’argent, argument infaillible de contrats, contraintes et soumissions sexuelles, qui embastillent le soir venu dans les chambres des palaces, les bobinettes de charme ayant monté au gré des saisons les 39 marches, véritables ascenseur pour l’échafaud de l’une ou l’autre lors de ces festivals réputés pour leurs fastes et leurs frasques. Cannes qui rit se gausse des masques de Venise qui échappe aux jours de pluie de Deauville, ces capitales mondiales du luxe balnéaire se moquant ensemble des ambiances provinciales de Cognac, Avoriaz ou Annecy, craignant tout de même le fantastique à Gérardmer sans pour autant négliger Triffouillis où y découvrir des oies blanches.

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« Les 39 marches », film d’Alfred Hitchcock en 1935, réalisé d’après un livre d’espionnage de John Buchan, évoque une organisation criminelle internationale, « la pierre noire », que ne renieraient pas de nos jours « les complotistes ».

Et nous pauvres spectateurs du cinéma, devrions prendre fait et cause pour l’un ou l’autre, l’une ou autrui, sans disposer des pièces à conviction dont leur absence rend impossible de juger quoique ce soit en univers cinématographique où le polar alambiqué demeure une valeur sûre de scénario.

Il n’empêche. Tous ces désordres sont un appel généralisé au dérèglement des sens et de toute morale au bénéfice exclusif de la haine et de la violence qui peuvent prendre diverses formes : mépris de la démocratie, asservissement et domination sexuelle des femmes, soumission des mineurs et des enfants aux caprices physiques des humains, sans oublier jusqu’à l’antisémitisme lorsque des « biens-pensants » se complaisent à égrener en toute innocence bien sûr, des noms à consonance juive alignés sans rapport entre les uns et les autres, histoire d’alimenter les thèses millénaires du complot.

Il n’empêche, encore. S’agissant de la France, le malaise est d’autant plus grand que les scandales baignent en ambiance d’argent public, c’est à dire celui des contribuables,  celui des Français :  à Hollywood où Miami, Weinstein, Epstein et consorts ont abusé de leur pouvoir personnel et de l’argent privé de l’industrie cinématographique. En France, le monde des médias, de l’édition, du cinéma et de la culture en général, doivent tout ou presque à l’Etat tentaculaire: pas moins de dix milliards d’euros constituent le budget des affaires dites culturelles, financé par les contribuables qui n’ont pas leur mot à dire depuis des décennies sur la destination des fonds, dont un milliard attribué aux aides à la presse allant dans la poche des milliardaires propriétaires des principaux journaux nationaux ou régionaux, deux milliards au titre de la redevance destinée aux télévisions publiques où sévissent copains et coquins, plusieurs centaines de millions déversées au cinéma via les Sofica, le CNC et autres multiples subventions alambiquées, sans compter le milliard du chômage des intermittents du spectacle et le financement local des festivals jusqu’aux spectacles vivants (sic !), et même quelques subsides  pour des obsèques élevées à un divertissements d’Etat lorsqu’il s’agit de rendre un hommage national pour ne pas dire multinational à une star de pacotille, de quoi en oublier l’enterrement sans pompe de Molière.

On comprend alors que par les temps qui courent, trouver de l’argent pour reconstruire Notre-Dame de Paris tombé à terre du fait d’un Etat propriétaire irresponsable, suppose de faire appel à des fonds privés défiscalisés, et donc in fine de financer les travaux par les contribuables une seconde fois. L’art et la culture n’ont aucun prix quand il s’agit de l’imposer financièrement et idéologiquement à tous les Français selon des méthodes dignes des plus grandes années du réalisme socialiste, pourtant emporté là-bas par la chute du mur de Berlin en 1989.

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The Fearless Vampire Killers or Pardon Me, But Your Teeth Are in My Neck, plus connu sous le titre raccourci du Bal des vampires, est un film de Roman Polanski, en 1967.

Il n’empêche, enfin. Tout ceci n’est pas forcément notre affaire. Ne donnons pas de leçons de morale dans des histoires qui ne nous concernent pas et dont nous ne savons que penser puisque nous n’étions pas dans la chambre de l’autre ou de l’une, et que chaque agression ou viol est une affaire de justice fondée sur une plainte individuelle et non sur des dénonciations publiques rassemblées dans la cohue numérique en hâte médiatique. De surcroît il faut remonter à Adam pour dénouer les fils trempés de lucre, de stupre et de sang, qui constituent l’honneur perdu des hommes envers les femmes de génération bestiale en génération sauvage. Changer les moeurs, c’est changer le cours de milliers d’années : Cro-Magnon qui inventa l’histoire avec sa massue, n’est pas si loin de la grotte où des fragments de bible furent retrouvés.

La Bible, justement ! La lumière en vient ce qui est normal s’agissant de cinéma surtout lorsqu’il s’agit de péplums. Il nous revient en mémoire un psaume, le premier, qui constitue une prière universelle commune aux Juifs et aux Chrétiens. Ce psaume mérite lecture pour nous rappeler qu’il faut s’en remettre à l’Eternel pour connaître la voie des justes, au plus loin des méchants qui sont comme la paille que le vent dissipe.

Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs, mais qui trouve son plaisir dans la parole de l’Eternel, et qui la médite jour et nuit!

Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en son temps, et dont le feuillage ne jaunit pas : tout ce qu’il fait lui réussit.

Il n’en est pas ainsi des méchants : ils sont comme la paille que le vent dissipe.

C’est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, ni les pécheurs dans l’assemblée des justes, car l’Eternel connaît la voie des justes, et la voie des pécheurs se perd.

Le Paradis, de Chagall

Le Paradis, musée national Marc Chagall, Nice

Amie lectrice, ami lecteur, en cette époque opaque d’avant Pâques, ignorez les conseils des méchants envahissant les médias et ces réseaux sociaux qui ne sont rien d’autres que les voies romaines d’antan éclairées de la Couleur pourpre des esclaves crucifiés autour de Spartacus, et empruntées la nuit par les assassins et les spadassins. Ignorez la compagnie des tristes moqueurs où se bousculent parmi eux la belle, l’artiste et le tricheur en un improbable remake du Bon, la Brute et le truand, de Sergio Leone. Les pastas carbonara partagées en famille ou entre amis sont préférables à ces médiocres westerns spaghettis des temps modernes où les méchants disparaissent lorsque les éclats éphémères des réseaux sociaux s’éteignent et que les lumières de la Vie continuent de nous éclairer. Quant au cinéma, il faut laisser le cinéma faire son cinéma, ce n’est que du cinéma où les méchants sont comme la paille que le vent dissipe, si loin déjà des Lumières de la Ville où retrouver les Enfants du Paradis.

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Les Lumières de la ville de Charlie Chaplin en 1930, est l’ultime chef d’oeuvre du cinéma muet, qui raconte l’histoire d’une marchande de fleurs aveugle (telle une actrice) , d’un vagabond (tel un acteur) et d’un millionnaire ivre (tel un producteur de cinéma)

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