Le monastère de l’église éthiopienne sur le toit du Saint Sépulcre à Jérusalem

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A chaque fois que je me rends à Jérusalem, je ne manque pas de passer au monastère de l’église éthiopienne orthodoxe située sur le toit du Saint Sépulcre. L’église éthiopienne n’est pas l’une des églises chrétiennes qui se partagent voire se disputent le Saint Sépulcre depuis son édification par Sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin, au quatrième siècle. Elle a été en revanche autorisée à installer un monastère sur le toit du Saint Sépulcre, à titre précaire.

La très grande pauvreté de l’église éthiopienne lui rend difficile le maintien permanent de ce monastère qui a besoin de secours régulier. Leur foi n’en est que plus grande et notre admiration que plus forte. Le premier article publié dans la rubrique « Promenades et flâneries »  leur rend plus qu’un grand vibrant hommage. Elle témoigne de notre amour sincère que nous  portons à la plus ancienne anciennes église chrétienne, avant même la naissance de la conversion de l’Arménie au christianisme.

Les Actes des apôtres y font référence en 8 : 28-30 « Et voici, un éthiopien, un eunuque, ministre de Candace, reine d’Ethiopie, et surintendant de tous ses trésors, venu à Jérusalem pour adorer, s’en retournait, assis sur son char, et lisais le prophète Esaïe. L’Esprit dit à Philippe : Avance et approche-toi de ce char. Philippe accourut, et entendit l’Ethiopien qui lisait le prophète Esaîe. Il lui dit : comprends-tu ce que tu lis ? »

Le monastère est situé sur le chemin de croix emprunté par le Christ le jour de sa Passion, le Vendredi saint. Ce chemin de croix commence à la prison du Christ, qui se trouve aujourd’hui situé dans les locaux de l’église orthodoxe grecque. DSC_0080 Le chemin de croix emprunte les rues montantes de la vieille ville fortifiée  de Jérusalem, comme celle-ci :DSC_0120 (2) La neuvième des quatorze stations du chemin de Croix est située à proximité du monastère de l’église éthiopienne. On aperçoit alors la Croix du dôme principal du Saint Sépulcre.

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L’un des toits du Saint Sépulcre est occupé en son centre par la coupole de la chapelle du monastère ainsi que par les cellules des religieuses et religieux.

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Les cellules du monastère sont en pierre, austères, d’une très grande rudesse, sévérité et pauvreté

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On aperçoit au lointain, le clocher blanc de l’église allemande luthérienne.

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Par un escalier, on descend du toit pour accéder à la petite chapelle du monastère, richement décoré d’iconographies chrétiennes telles que le tableau représentant la visite de la reine de Saba au Roi salomon, évoqué dans la bible, et souvent reprise dans l’iconographie chrétienne.

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La petite chapelle d’une très grande simplicité, est un lieu unique à Jérusalem, propice à la méditation, au recueillement et à la prière.  DSC_0138 (2)

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Dans la chapelle on aperçoit une croix gravée dans la pierre, comme on en trouve tout au long du chemin de croix. DSC_0140 (2)

On quitte alors la chapelle par un escalier qui mène à la place où se trouve l’entrée du Saint Sépulcre, dont les clefs ont été confiées, de fort longue date, à deux familles musulmanes pour éviter que les querelles entre églises chrétiennes ne dégénèrent en conflit ouvert, voire violences physiques, ce qui est encore le cas, de temps en temps.

La reine de Saba et la reine  Candace tiennent une place importante dans Roman d’espoir. L’une des principales héroïnes portent d’ailleurs le nom de Candace. Et le rôle principal a été attribué à une certaine Abyssinia. Ce roman n’aurait jamais existé sans ces visites régulières à ce monastère, qui fortifient l’âme.DSC_0142 (2) Ami lecteur, si tu te rends à Jérusalem, n’oublie pas de visiter le monastère de l’église éthiopienne sur le toit du Saint Sépulcre. Ce sont eux qui veillent, avec les Franciscains, dans la pauvreté et le plus grand dénuement, à ce que le christianisme demeure fidèle à la parole du christ en ces lieux.


 

30 octobre  chapelle copte éthiopienne (1)

Cette présentation qui suit de l’église éthiopienne orthodoxe Tehawedo est totalement empruntée au  site http://www.chretiensorientaux.eu

Celui-ci est une « mine d’or » pour tous ceux qui s’intéressent à la situation tragique des chrétiens d’orient et à la présence de leurs églises en France. Qu’ils en soient remerciés pour l’excellence de leur travail d’information et de leurs reportages qui sont accessibles sur ce site.

Le site officiel de l’église éthiopienne est le suivant : http://www.ethiopianorthodox.org

Il s’agit d’une Église orthodoxe orientale autocéphale qui fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles (non-chalcédonienne). Le canon biblique de L’Église éthiopienne orthodoxe compte 81 livres. Il est plus large que celui des autres Églises chrétiennes. Il inclut notamment le Livre des Jubilés et le Livre d’Hénoch.

Chaque église se voit sacralisée par une réplique de l’Arche d’Alliance consacrées par l’Abuna, l’évêque métropolite. Le « tabot », planchette sacrée représentant les tables de la Loi, est conservé sur l’Autel dans le sanctuaire. Son rite liturgique est le rite guèze (ou ge’ez). Il est célébré en guèze et en amahrique. L’alphabet a 267 lettres.

L’Eglise a une liturgie propre avec, en particulier, des danses lors des fêtes. Il faut cinq célébrants, dont deux prêtres, pour célébrer l’eucharistie. Il existe 14 anaphores (prières eucharistiques). Les däbtäras (chantres) exécutent des chants avec de longues mélopées. Ils les accompagnent de mouvements du corps. Chacun d’eux possède un bâton de prière (meqwâmiya), et un sistre qui rythme les chants. Des tambours (qabaro) rythment les danses lors des grandes fêtes et à la fin de la messe.

La vie monastique est très importante en Ethiopie, les moines vivent dans une grande pauvreté. Un des monastères est situé sur le toit du Saint Sépulcre à Jérusalem. L’Église d’Ethiopie a fait preuve d’une extraordinaire inculturation. Fille de l’Église copte, elle s’est africanisée en profondeur. Certains principes édictés par l’Ancien Testament sont habituellement observés, comme la circoncision pratiquée sur les jeunes garçons huit jours après la naissance, certains interdits alimentaires et l’ancienne observance du sabbat du samedi. Le dimanche reste le jour liturgique le plus important de la semaine.

L’Église éthiopienne est en intercommunion avec les autres Églises orthodoxes orientales, non chalcédoniennes. Elle est membre du Conseil œcuménique des Églises depuis sa fondation. Le nouveau chef de l’Eglise est Abune Mattias intronisé le 3 mars 2013.Il porte le titre de Patriarche et Catholicos d’Éthiopie, archevêque d’Aksoum ; et réside à Addis Abeba. Il succède à Abune Paulos (Paul) décédé fin aout 2012.

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