Et à la fin c’est la démocratie qui gagne

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L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ne prouve qu’une chose, c’est que l’Amérique est une formidable démocratie, qui peut élire un politicien sans charisme comme Richard Nixon, un play-boy de bénitier comme John Kennedy, un pasteur baptiste vendeur de cacahuètes tel que Jimmy Carter ou encore un acteur fringuant de série B comme Donald Reagan sans oublier un ancien étudiant contestataire amateur de cigares du nom de Clinton, mais aussi un fils texan repenti reconnaissable par une seule lettre W pour le distinguer de Bush père pétrolifère, qui fut lui aussi président, et surprise divine au pays toujours empreint d’esclavagisme et de racisme, l’homme noir survenu du Kenya après avoir fait escale à Hawaï et Chicago, un certain Obama, répondant du prénom improbable de Barack au pays du fondamentalisme chrétien.

Alors, qu’un fils de milliardaire changeant d’épouse comme de chemise, d’ailleurs déchirée lors d’invraisemblables matchs truqués de catchs à Las Vegas capitale pécheresse du jeu et des plaisirs, devienne aujourd’hui président d’une Amérique baignant dans le fondamentalisme chrétien, n’a rien de bien de surprenant en ce pays de tous les excès depuis les ignobles massacres fondateurs des tribus indiennes. C’est que Donald est bien l’héritier symbolique des Disneyland qui fleurissent ces temps-ci dans le monde entier, un entrepreneur plus ou moins avisé en matière de téléréalité, cet art de donner du rêve à défaut de sens à un public fauché, en n’ayant à investir que dans des paillettes et artifices vulgaires pour solde de toute liesse.

AP Photo/LM Otero)

Personne ne s’attendait à ce que Trump change ce jour de métier et ne soit plus simplement l’organisateur des élections de miss Univers. Le voici devenu roi sulfureux universel, ce à quoi il ne s’attendait pas vraiment même si au fond de lui-même il n’a probablement jamais douté qu’il le deviendrait tant son énergie déployée depuis cinq cents jours a été ahurissante pour renverser tous les pronostics de ceux qui le donnaient perdant avec mépris, le marigot de Washington, les innombrables stylos et caméras médiatiques, les réseaux sociaux se bousculant au-dessus d’un vide sidérant à faire peur au néant, la Silicon Valley noyée sous les billets verts ou encore le ballet des diplomates aussi vertueux qu’un moteur Volkswagen.

Indicateur républicain des Etats-Unis de mascotte d éléphant

Qu’on le veuille ou non, l’énergie de Donald Trump est à l’image de cette formidable Amérique imprévisble toujours en mouvement, dont les ressorts démocratiques insoupçonnables permettent aux candidats les plus improbables d’accéder un jour à la Maison-Blanche ; et c’est pour cela que nous aimerons toujours l’Amérique même si nous considérons ce jour, qu’elle se trompe avec Trump, car en Amérique, malgré tout, à la fin c’est toujours la démocratie qui gagne.

Vive l’Amérique, Vive la démocratie !

 

Une réflexion sur “Et à la fin c’est la démocratie qui gagne

  1. freedombearslove 10 novembre 2016 / 11 h 28 min

    Une réaction intelligente à ce résultat étonnant mais qui n’était sans doute pas visible depuis notre belle France franchement plutôt occupée à se regarder le nombril ou le derrière qu’à savoir ce qui se passe dans le monde. Merci bien cher Auteur toujours inspiré.

    Sauf pour les Indiens victimes d’un génocide oublié lors de la conquête et spoliés de nos jours pour le Dieu pétrole, c’est toujours la démocratie qui gagne là bas.

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