Mais où est donc passé Léonard Cohen ?

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Léonard Cohen nous aurait quittés. Sans nous prévenir. C’est moche. On s’attendait bien un peu qu’un jour ou l’autre, il nous tire sa révérence, sans en faire de trop. Ce n’était pas le genre. Mais tout de même, on en a gros sur la patate. Léonard avait au moins quatre qualités. Il était Canadien, ce qui pour nous, Français, est un peu notre Amérique à nous, surtout ces jours derniers, où nos cousins de Louisiane et des quarante- neuf Etats environnants ne font plus trop dans la nuance ; il était Juif, ce qui pour nous  est une promesse de dons miraculeux depuis que Moïse a traversé  la mer Rouge, et les miracles juifs en musique sont innombrables comme l’a fort bien observé Chagall en peignant l’un de ses compatriotes à Vitebsk avec son violon ; autre qualité, il aimait les femmes et leur rendait bien en composant des chansons merveilleuses surtout lorsqu’elles s’appelaient Suzanne comme ma grand-mère ou une proche amie de ma mère qui a trouvé aussi le moyen de nous quitter.

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Et puis Léonard était modeste. Cela se voyait à son petit chapeau. Même le comité Nobel de littérature avait respecté sa modestie en ne lui octroyant pas le prix en même temps que Bob Dylan alors qu’il le méritait bien autant. Cela aurait eu d’ailleurs plus de sens si nos amis Dylan, Clapton, Cohen and Young l’avaient reçu en même temps, comme un rappel de la belle époque de S&G, CSN&Y et tant d’autres. Mais bon, deux Juifs à la fois, le comité a du penser qu’une fois de plus cela jaserait dans le Landerneau mondial, s’il décernait le plus haut prix littéraire à deux éminents représentants du peuple du Livre égarés dans le folklore musical.

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De toute façon, les prix, les récompenses, les médailles, les hommages hypocrites, les louanges funèbres ou l’émotion télégraphique résumée en cent quarante octets parfumés aux réseaux sociaux de l’éphémère, ce ne sera jamais notre tasse de thé ; car pour nous qui sommes vivants, diablement et diantrement vivants, et qui aimerons toujours Léonard au point de lui réserver une dernière danse, nous préférons nous lever  et chanter en accompagnant l’une de ces innombrables et admirables voix noires  héritées de l’esclavage, qui ne cesseront de porter au firmament une parole et un air transcendant le temps et l’espace, pour se retrouver aux temps de la Genèse. Il se peut qu’un jour, Léonard, nous t’oublions, mais, cela, jamais !

Léonard, je ne sais quel est le comité d’accueil qui t’attend au ciel, combien de choristes viendront reprendre quelques-unes de tes ballades, mais prépare-toi à ce qu’il y ait du monde le moment venu! Une chose est sûre, le purgatoire n’est pas pour toi, direct au Panthéon des musiciens, comme au Canada sur cette terre. Il ne m’étonnerait pas que The Duke ou Ray Charles soient de la partie. Il se pouvait que le ciel n’attende pas et que nous ne pouvions te retenir encore un peu, mais tu as trop illuminé notre vie pour que nous cessions d’écouter tes paroles, de chanter et même de danser en se laissant emporter par un ballet de chevaux sur un air de tango. L’ennui avec la vie ici-bas, c’est qu’elle s’arrête certes, mais, l’Amour jamais. Ce mot suffit pour une vie entière et bien plus, tu nous en as apporté la preuve. Car si ta musique est éternelle, par l’Amour qu’elle nous transmet, nous accédons aussi à cette éternité sans rien même avoir à faire ou comprendre. l’Amour sauve. Merci pour cette leçon, Merci pour la joie et le bonheur que tu nous a apportés, Merci pour tout, Mille fois Mercis, Léonard.

Au fait, n’oublie pas ton chapeau.

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Encore que la casquette ne t’aille  pas mal non plus !

2 réflexions sur “Mais où est donc passé Léonard Cohen ?

  1. lessen-ciel.com 12 novembre 2016 / 10 h 04 min

    Merci pour ce bel hommage… c’est un choix de musique qui a comblé ma matinée. Belle journée

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  2. Béréenne attitude 13 novembre 2016 / 20 h 52 min

    Entre votre plume, la voix de la chanteuse et le contenu … et je n’avais pas encore vu les chevaux! … je n’ai pas votre plume pour commenter. Mais sur l’éphémère Internet, vous savez créer des émotions … un petit bout de vie … (Plus je vous lis, moins je me fais une idée de l’auteur virtuel. Ou plutot, plus je me dis que vous avez eu une vie bien remplie, variée, riche en émotion, en toutes sortes d’émotions) …

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