Le Lâche soulagement

Fin de vacances particuliere dans l’arc antillais, à attendre le passage de l’ouragan Irma qui ne s’annonce pas du tout commode, une sorte de boulet de canon qui se traîne à vingt kilomètres à l’heure en tournoyant sur lui même à trois cent kilomètres de vitesse en déversant des pluies infernales et soulevant les océans. Sur son chemin, Irma ne laissera qu’une longue traîne de dévastations et de souffrances humaines.

Dans cette attente, soudainement un lâche soulagement fait son apparition. Comme celui d’un soldat sur le champ de bataille qui ne se trouve pas en première ligne avec la perspective de n’avoir aucune chance de s’en sortir. Et l’impression de comprendre comment les soldats peuvent supporter la guerre, tous ces compagnons d’infortune abandonnés sur les plages, dans les tranchées ou au bord des routes, portés uniquement par ce sentiment de lâche soulagement d’être toujours en vie et que rien d’autre ne compte.

Et bien quand on vit au pied d’un volcan en activité, au bord d’une plaque tectonique qui par le passé, par un tremblement de terre accompagné d’un raz de marée, a rayé de la carte une ville de vingt mille habitants, et que régulièrement des ouragans viennent frapper toute la nuit à votre porte au point de devoir s’y accrocher pour éviter que les gonds ne cèdent et ne laissent déferler les eaux tempêtueuses qui supporteront la maison, la vie prend bien plus que le souvenir des larmes et du sang, mais la saveur de la goyave, des avocats gros comme des melons et des melons gigantesques qui rendent dérisoires l’attente des cyclones.

En fait, qui n’a pas été confronté à la prison, la guerre, la famine, les maladies irréversibles ou les destructions climatiques, ne connait pas grand chose à la vie, devrait se taire et éviter de donner des leçons comme nos actuels gouvernants bobos qui crient allo maman bobo à la première écorchure de popularité. Ils n’ont pas compris que la vérité n’a pas besoin d’être recherchée pour être trouvée, elle se manifeste d’elle-même comme en cette nuit d’ouragan où surgit ce sentiment de lâche soulagement à l’idée que notre sort seul compte, et que celui qui dira le contraire est un sale menteur qui mériterait de rester accroché à sa porte le temps d’un ouragan.

 

 

 

Une réflexion sur “Le Lâche soulagement

  1. Dominic Pukallus 8 septembre 2017 / 12 h 31 min

    Il existe aussi la possibilité que la Vérité, la vraie, ne puisse nous trouver tant qu’on la cherche et qu’il se peut avoir un lâche soulagement à l’idée que notre sort ne compte finalement pas, mais j’éspère ne pas avoir à le prouver au prochain ouragan.

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