L’homme qui parlait aux vaches en latin

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Nous connaissons une ministre démissionnaire qui murmure à la jeunesse sur le modèle de l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, exemple d’icône de la diversité à deux roues qui en vient à concurrencer les roueries des stars du divertissement. Mais nous ignorons tout ou presque de l’homme parlant aux vaches en latin, qui fut pourtant un bienfaiteur de l’humanité même s’il peut paraître étrange de s’adresser au peuple herbivore dans la langue de Cicéron et Virgile. Il est des traditions qui se perdent, comme la Tarasque de Tarascon, dite la bête faramine.

La Tarasque de Tarascon trainée au bout de son écharpe par une petite Sainte-Marthe

C’est forcément grand dommage. Les vaches continuent, plus que jamais, d’avoir besoin que nous nous adressions à elles en latin maintenant qu’elles sont parquées par mille dans des étables au lieu de bénéficier de la vie au grand air et de voir passer les trains même s’ils sont rarement à vapeur désormais. On imagine volontiers que leur faire écouter du latin évite de faire tourner le lait et que peut être le grec décuple les forces du taureau, à moins que ce ne soit l’assyrien qui nous a aussi légué des sculptures telles que le taureau androcéphale ailé visible au Louvre, une chance pour lui, il serait resté à Khorsabad, Daech l’aurait castré sans remords.

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La grande salle assyrienne du palais du Louvre 

Maintenant que la République française par l’intermédiaire du ministère de l’éducation nationale a déclaré urbi et orbi que le latin ou le grec ne nous est plus utile, il ne reste plus donc, pour nous qui aimons les lettres latines et grecques, qu’à s’adresser aux veaux, vaches et cochons avant l’adieu à l’abattoir. C’est une perspective prometteuse en vérité, bien plus que la collecte de lait au rendement incertain : depuis que les bureaucrates de Bruxelles s’en occupent, la fermière ne craint tant plus de laisser tomber son pot à terre que d’en trop produire ce qui est un comble à l’heure où des millions d’enfants dans le monde souffrent de malnutrition !

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Toujours est-il que nous en savons encore peu sur les bienfaits du latin pour la production de lait. Mais on peut supposer, sur la base d’expériences antérieures menées en matière musicales, que le latin murmuré est aussi bénéfique à l’humeur paisible des vaches que Cosi Fan Tutte de Mozart, bien plus que Carmen, l’opéra-comique de Bizet déconseillé de jouer à l’étable. En revanche, donner des leçons de latin dans les champs ouvre de nouvelles perspectives aux professeurs émerites avant qu’ils ne prennent sur le chemin de l’honorariat une retraite bien méritée. Ce nouveau public sera d’autant plus réceptif à leurs cours que par le passé, il a été affranchi des subtilités du langage de roche par des flamants roses.

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Lulubelle III, qui figure sur la pochette du disque des Pink Floyd « Atom Heart Mother », est la vache psychadélique la plus célèbre du Rock. Ceux qui l’ont bien connue disent qu’elle appréciait aussi le latin. Et la luzerne.

Un homme donc, force le respect pour son engagement dans l’instruction latine auprès des bovins. Il s’agit d’un certain James Murray, fils de tailleur écossais, dans le droit fil des traditions scolaires permettant d’apprendre l’anglais par la répétition de la phrase  : My tailor is rich, qui n’en permet pas pour autant de savoir si c’est le cas ou non.  S’agissant des parents du petit James, on peut supposer que non puisqu’il quitta l’école à 14 ans, ce qui ne l’empêcha point de savoir à 15 ans, outre l’anglais, le français, l’italien, l’allemand, le grec et bien sûr le latin dont on prétend qu’il l’enseignait aux vaches. Car c’est lui l’homme des folles herbes grasses en locutions latines. Certains pirates n’en disconviennent pas qu’ils auraient aimé l’avoir à bord les jours d’abordage ou sabordage.

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Nous qui apprenons difficilement une, deux ou trois langues dans une vie, ne pouvons avoir que de l’admiration pour ce Murray qui n’en resta pas là côté apprentissage des langues. Comme tout le monde le sait, il n’est point besoin d’avoir fait des études pour être autodidacte, c’est même une condition latine sine qua non, qu’il ne sera bientôt plus possible d’employer sauf à s’adresser aux vaches justement. Donc Murray l’autodidacte ayant le don des langues devint une tour de Babel à lui tout seul, apprenant par la suite en bon polyglotte, le tsigane, le gaélique d’Ecosse, étudiant l’anglo-saxon et le moyen-anglais d’autant plus subtils pour nous que l’anglais nous est déjà étranger et si peu familier que nous le parlons comme une vache espagnole, preuve que les bovins se débrouillent pas si mal dans les discussions en univers bruxellois.

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Tour de Babel, oeuvre sur huile de Pieter Bruegel, 1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne : l’épisode intervient dans la Genèse qui évoque la construction par le roi Nemrod d’une tour devant atteindre les cieux, dans la plaine de Shinear, au sud de l’Irak. Pour punir l’orgueil des hommes, Dieu décide de « confondre » les langages, créant la diversité des langues, le terme Babel venant de l’hébreu bâlal qui signifie confondre. 

 Ne croyez pas que Murray en resta là dans le polyglottisme. Il ajouta à son palmarès les langues germaniques, allemand, danois ou néerlandais, et piocha le russe dans l’univers slave. L’Europe bientôt trop étroite, il franchit l’isthme asiate pour étudier le persan, le sanskrit et l’hachémite cunéiforme, poursuivant sa quête mystique par l’apprentissage de quelques langues bibliques comme le syriaque ou l’hébreu, rencontrant enfin quelques difficultés avec le phénicien, l’araméen ou le copte, sans que nous sachions s’il prit le temps d’apprendre l’arménien qui nous est cher.

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Un dictionnaire en deux volumes, sinon rien

Mais me direz-vous, pourquoi apprendre autant de langues quand on est autodidacte en dehors de se prétendre polyglotte et d’enseigner le latin aux vaches, ce qui est peu rémunérateur jusqu’à nos jours, surtout pour un fils de tailleur qui n’est pas riche ? That is the question comme disent nos amis anglais plus shakespeariens que jamais quand il s’agit de rester ou non dans l’Union européenne.

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Murray, en vérité, indeed donc, ne voulait pas qu’enseigner aux vaches. Son don des langues lui permit, lui l’autodidacte, de devenir membre de la prestigieuse société de philologie de Londres et c’est vers lui que les promoteurs du New Oxford Dictionary se tournèrent en 1878 pour mener à bien la publication du grand dictionnaire en langue anglaise destiné non plus à procéder à une sélection de mots illustrés par des citations judicieuses d’auteurs mais à recueillir tous les mots connus de la langue anglaise, et d’en retracer leur origine et leur histoire.  Cette ambition de constituer le plus grand dictionnaire au monde aboutit à la publication par The Oxford University Press d’un premier tome de A à ANT, en 1884. Il faudra quarante ans de plus pour que l’intégralité du dictionnaire soit publié, en 1927, Murray entretemps trouvant le moyen de décéder d’une maladie de coeur en 1915 sans connaître l’achèvement de l’édition complète qui est devenue le fameux Oxford English Dictionary, connu sous son acronyme universel OED.

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Silence, on tourne les pages à l’OED!

Pour mener à bien ce projet faramineux digne d’un tarasque provençal, de recueil de tous les mots de la langue anglaise, la méthode employée fut aussi exceptionnelle puisque les promoteurs du projet firent appel par voie de presse à des lecteurs volontaires et bénévoles qui se chargèrent de dépouiller des livres et constituer des listes de mots tirés de leurs lectures pour rédiger une fiche par mot reproduisant une citation illustrant le sens du mot, complétée de la référence exacte à l’ouvrage. James Murray, de son côté, en tant que rédacteur en chef de la publication, centralisait les fiches, vérifiait, harmonisait et assurait la rédaction finale de l’ouvrage. Comme quoi le latin enseigné aux vaches mène à tout.

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Rule The OED ! La cordée de Murray à l’assaut de l’Everest des dictionnaires

On imagine volontiers que ce travail monacal et scribouillard de fichage de mots, n’était pas franchement hilarant même pour un polyglotte susceptible de s’émerveiller des ressemblances pittoresques accumulées dans un calepin qui prend tout son sens lorsqu’on possède le don des langues. La police et les services de renseignements aussi se délectent aujourd’hui de constituer des fichiers nominatifs aussi barbares que rébarbatifs pour recueillir précieusement toutes les informations possibles concernant les violonistes de rue. Mais dans le cas de Murray, même si Londres ne manque pas forcément de vaches, il est probable qu’il y aurait vite laissé toutes ses forces s’il n’avait eu la chance de rencontrer par le biais des petites annonces liées à la recherche de bénévoles en fichage des mots,  l’invraisemblable docteur Minor.

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Il existe sur terre des gens qui sont nés pour le délire. Il ne faut pas chercher pourquoi, cela échappe tout simplement à l’entendement. Tout homme a ses délires, certes. Certains boivent en triant des haricots, d’autres fument en peignant des alligators ou des joufflus suisses. Il arrive qu’on astique, qu’on tique, qu’on pratique, tout ou rien, pas grand-chose. La vie est faite d’amusements, de divertissements et d’interrogations ou illustrations appelant des précisions, parfois les trois à la fois et c’est ainsi qu’on devient un grand criminel incompris.

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Doctor William Chester Minor, classification : Homicide, in Murderpedia

Le docteur William Minor appartient à cette catégorie illustre des criminels internés dans un asile d’aliénés, qui sont devenus dans les séries télévisées les héros bien involontaires de notre monde impulsif.  Son histoire est intéressante. Né à Ceylan, diplômé de Yale University, il devient chirurgien de l’armée américaine, fréquentant les bordels dont il attrape vite l’addiction.  Il participe à la guerre de Sécession américaine. C’est là qu’il se retrouve contraint, en tant que médecin militaire, de marquer un déserteur irlandais au fer rouge. Choqué par cette épreuve, il devient fou comme en témoignent des rapports médicaux, fou au point de tuer à Londres un homme qu’il ne connaît pas en poursuivant dans la rue un fantôme entr’aperçu au pied de son lit. Interné à vie à Broadmoor pour ce meurtre, il répond à la petite annonce destinée à recruter des bénévoles de la recherche de mots anglais égarés dans des livres. le voici recruté sans que les promoteurs du dictionnaire d’Oxford connaissent l’histoire pittoresque de l’auteur des innombrables fiches érudites, précises et minutieuses que le docteur Minor va leur adresser, jusqu’à une centaine par semaine, vingt par jour.  Comme quoi, on peut être fou, criminel et excellent lexicographe.

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William Chester Minor, once upon a time a murderer but a lexicographer too

On peut même se demander à la réflexion s’il faut avoir toute sa tête pour rédiger des dictionnaires.  Cultiver le latin d’église pour s’adresser aux paroissiens est récompensé par un vin de messe tiré des vignes du Seigneur. Abreuver les vaches de latin est plus problématique si on n’apprécie pas le lait ou le fromage. Et qui eut crû jusqu’à Murray que le latin pût être bénéfique au  lait cru, même si cela relève aussi d’un véritable sacerdoce que de tourner en rond dans les prés avec Pline l’Ancien pour recueillir l’incertaine version mâchonnante des vaches ?

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Murray ne parlait pas simplement que le latin aux vaches. Il fut d’abord maître d’école puis employé de banque avant de publier un dictionnaire des dialectes écossais en 1868 qui le fit entrer à la société de philologie de Londres. On trouvera ci-joint la biographie de Murray dans The Oxford Dictionary of National Biography, autant dire la classe mondiale!  

Et encore, Murray le polyglotte qui philologeait, a des circonstances atténuantes. Il était autodidacte d’un tailleur écossais qui n’était pas riche. On peut comprendre qu’il ne s’en fichait pas de ficher des mots, la gloire l’attendait au tournant de la page. Mais le docteur Minor qui était chirurgien, fou et criminel, pour lequel ses délires l’avaient conduit à se plaindre à Scotland Yard que de mystérieux Irlandais le traquaient avant de s’en prendre mortellement à un malheureux brasseur croisé dans la rue, qu’attendait-il de toutes ces fiches de mots, en dehors d’un pardon hypothétique de ses contemporains, ne pouvant espérer aucune minoration de peine ? Peut-être s’agissait-il pour lui de répéter volonrtairement cette fois, un marquage des mots au fer rouge comme il l’avait fait sous la contrainte pour un déserteur ? A moins que ce ne fut qu’un simple divertissement, un amusement, de simples illustrations demandant des précisions hiéroglyphées pour chaque mot, comme s’il s’agissait de leur donner la mort, d’épingler des papillons tel un lépidoptériste à temps complet.

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En dehors de la littérature, l’écrivain Nabokov, ici avec sa femme Vera, n’aimait rien tant que la chasse aux papillons, un exercice comparable à la traque romancée de mots

Tout cela nous laisse supposer que les auteurs de dictionnaire ne sont que des thanatopracteurs. Ils embaument les mots dans des bandelettes de définitions, d’illustrations et de citations pour leur apporter une apparence naturelle alors qu’ils embastillent en vérité leurs cendres au tombeau des vanités littéraires après les avoir conduits au bûcher linguistique en marchant de côté comme un crabe shakespearien :

  • Polonius : What do you read my Lord ?
  • Hamlet  : Words, words, words
  • Polonius :What is the matter, my Lord ?
  • Hamlet : Between Who ?
  • Polonius : I Mean the matter that you read, my lord
  • Hamlet : Slanders, sir. for the satirical rogue says here that old men have gray beards, that their faces are wrinkled, yheir eyes purging thick amber and plum-treee gum, and that they have a plentifil lack of wit, together with most weak hams – all which, sir, though I most powerfully and potently believe, yet I hold it not honesty to have ithus set down; for yourself, sir, should be old as I am, il flike a crab you could go backward.
  • Polonius : (aside) Though this be madness, yet there is method in’t. – (to Hamlet) Will you walk out of the air, my lord ?
  • Hamlet : into my grave.

On n’y comprend rien, mais c’est fichtrement beau. Les intonations anglaises des mots de cette scène 2 de l’acte 2 d’Hamlet suffisent à notre bonheur ; il n’est point besoin de dictionnaire, juste d’un comédien, bien plus d’un tragédien que d’une grammaire. Cinq siècles plus tard, la langue demeure vivante quand bien même il y a longtemps que la pièce est jouée et que son auteur est entré au tombeau à la suite de son personnage, into my grave.

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Tombeau égyptien de la vallée des Rois

Il n’y a qu’à l’Académie française que des impétrants se barricadent dans l’immortalité alors même que Roméo et Juliette n’avaient pas cette prétention nénufarienne d’académiciens. Cette caste d’imposteurs ne fait plus même ce travail d’embaumeur que Richelieu lui avait confié. Ces parvenus constituent depuis mal de temps désormais une bande de quarante fieffés profiteurs qui n’ont pas un sequin du talent d’un Larousse semant les mots à tous vents, d’un Robert perspicace ou d’un Emile Littré qui nous manque autant qu’un docteur Minor abattant à lui tout seul, Outre-Manche, un travail considérable pour oublier qu’il épingla un jour sans murmure, un homme dans son cercueil comme un papillon au mur.

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Aux Invalides se trouve le tombeau de Napoléon ; sous la coupole du Quai Conti celui de la langue française, qui comporte pas moins de 58.000 définitions dans l’édition en cours, la neucvième depuis 1635, soit en moyenne une édition toutes les deux générations. N’est pas Minor qui veut!

La Cour des comptes une nouvelle fois en avril 2015, a fait part de ses préoccupations en ce qui concerne la gestion manquant de rigueur de l’Institut de France et des cinq académies qui détiennent, au nom de la nation française, un patrimoine exceptionnel. Il paraît que ces institutions, dans des termes pratiquement inchangés depuis la la Constitution de l’an III, « ont pour mission de contribuer à titre non lucratif au perfectionnement et au rayonnement des lettres, des sciences et des arts. » C’est à voir. Car s’il est un lieu où les paons sont protégés, c’est bien au quai Conti.

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Comparer un paon à un académicien n’est pas sympathique pour l’animal. Ils n’ont en commun que le teint verdâtre ; mais le paon ne fait pas peur alors qu’une bande d’académiciens, certes oui : un paon vaut mieux que quarante académiciens surtout quand ils sont vivants, proverbe de l’auteur virtuel.

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En attendant de consacrer un jour un article à la gérontologie académique ce qui demande de reprendre des forces, retrouvons Words, words, words, en version musicale rockanrollisée, style jeune, pardon Young, Forever Young, autrement dit Neil Young avec Words, between the Lines of Age : toujours là le nasillard et non nazillon, voir la différence dans un dictionnaire, par exemple Larousse  :

  • Nasillard, nasillarde, adjectif : qui nasille, qui vient du nez  : il était enrhumé et parlait d’une voix nasillarde 
  • Nazillon, nom masculin : terme de mépris désignant un nazi subalterne

Et voilà encore une chronique achevée sans aucun rapport avec le projet d’origine qui était de consulter tous les dictionnaires de français sur le marché, entrée de mots par entrée de mots, pour en faire un sublime comparatif subliminal à destination d’éditeurs avec lesquels s’acoquiner. Ce sera pour une autre fois, c’est à dire jamais : non mais, vous avez vu les photos de Murray, Minor, et de nos académiciens, ils font peur, très peur, la vache!

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Le chirurgien William Chester Minor qui n’hésita pas à se mutiler le pénis en 1902, était aussi à ses heures perdues, peintre et joueur de flûte. Il dévorait surtout des livres, au figuré cette fois, ce qui le conduit à répondre à la petite annonce de recherches de mots des promoteurs de l’OED et à leur transmettre des milliers de contributions lexicales. N’est pas fou qui veut!

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