Du plein emploi au chômage massif

Ossabandus, nequeys, nequer, potarinum, quipsa milus, voilà ce qui fait que justement notre économie, et non plus notre fille, est muette ! Dans notre monde moderne, les économistes ont remplacé les médecins de Molière, Sganarelle, Purgon, Diafoirus et autres, pour purger et saigner les économies en débitant des théories imaginaires qui n’ont rien de scientifiques. Ainsi, par exemple, comme dans l’histoire de la poule et de l’oeuf, nul ne peut avec certitude déterminer qui entraîne qui dans la valse lugubre des mauvais chiffres de l’économie française depuis 1975 : moins de croissance – plus de dépenses publiques – plus de prélèvements obligatoires – plus  de déficit – plus d’endettement et pour conclure ou commencer, massivement plus de chômage.


Pour être clair, le plus grand nombre des économistes et décideurs tiennent aujourd’hui des discours ahurissants, d’une grande niaiserie depuis quarante ans que le cercle vicieux s’est formé sans qu’il ait pu être rompu depuis lors. Et tous ou presque n’envisagent que de poursuivre dans cette voie suicidaire pour la société française.  Peu importe les corrélations constatées au fil du temps, l’essentiel est de se complaire dans la facilité ét la démagogie politique, de caresser l’électeur dans le sens du poil, le flatter et surtout ne lui demander aucun effort de réflexion.

De notre côté, pour commencer à réfléchir, observons les corrélations en question qui se répercutent sur la courbe du chômage depuis 1975.

1. La croissance ne cesse de diminuer depuis 1950 ; depuis 2008, elle a disparu.

En 1950, alors que la reconstruction bat son plein, le taux de croissance atteint 6% par an en moyenne ; elle tombe à 4% en 1975, puis à 2% en l’an 2000. Depuis la crise financière de 2007-2008, le taux de croissance moyen au cours des sept dernières années, n’excède pas 0,3% à 0,4%.

Autre constat : depuis 1950, les composantes du PIB ont fortement évolué. Le commerce extérieur ne contribue pas,ou peu, au PIB, ce qui est une situation inverse à celle de l’Allemagne ou les excédents extérieurs contribuent au PIB. La consommation des ménages, principale composante du PIB a perdu cinq points entre 1950 et 1985 pour ne plus guère varié depuis lors. L’investissement des entreprises après avoir progressé de 1950 à 1975 a perdu plus de cinq points dans la composante du PIB pour retomber  en dessous du niveau de 1950. En revanche, la part des dépenses des administrations publiques ne cesse de croître pour passer de 20% en 1950 à près de 30% en 2010, un peu comme le mauvais cholestérol.

On peut donc en conclure que plus la part des dépenses des administrations publiques augmente, plus le taux de croissance faiblit, ce qui paraît assez logique, la dépense publique étant par nature improductive et de faible potentiel en termes de gains de productivité : on n’a jamais vu la bureaucratie susciter de la croissance, cela se saurait. Les Soviétiques ont expérimenté pendant soixante-dix ans le système bureaucratique jusqu’au delirium tremens, on ne peut dire que cela leur a réussi. En 2015, Il n’y a qu’en France, voire en Grèce et encore, que l’on rtouve autant de thuriféraires du communisme qui, il est vrai, est une invention historiquement française, même si on prête beaucoup à Gracchus Babeuf, le populicide.

2. Le PIB de la France n’a jamais été aussi important

Si le rythme de la croissance ne cesse de diminuer, pourtant la production de richesse n’a jamais été aussi élevée, atteignant plus de 2.000 milliards d’euros depuis le début des années 2000, soit un doublement par rapport au milieu des années 70, et un sextuplement par rapport aux années 50. La population française n’ayant augmenté que d’un quart depuis 1975 (65 millions au lieu de 52 millions), le niveau de vie général a donc fortement augmenté, ce qui semble en totale contradiction avec les difficultés économiques qui s’accumulent depuis cette période. d’une certaine façon, la France passe son temps à dilapider les fruits de la croissance avant qu’ils ne soient récoltés, les campagnes électorales y étant pour beaucoup, tous les candidats promettant sur la base du retour attendu de la croissance qui ne revient jamais !

Evolution du PIB en valeur annuelle, source http://www.inflation.com

L’évolution du CAC40 depuis 1900 constitue un autre baromètre de la santé de l’économie française. Au 31 mai 2015, l’indice boursier flirte avec la barre des 5.000 points, évoluant avec une forte volatilité,  entre 3.000 et 6.000, depuis l’an 2000, soit en moyenne six fois plus qu’en 1960, la barre des 2.000 n’ayant été franchie qu’en 1980 et celle des 3.000 en 1998.

3. La part des dépenses publiques dans l’économie française ne cesse de progresser

La part des dépenses publiques dans le PIB n’a jamais dépassé 40% pendant les cent ans précédant 1975, même à la fin de la Seconde guerre mondiale ; depuis lors, les dépenses publiques n’ont cessé de régulièrement progresser pour atteindre 56 à 57% depuis 2010.  La France se distingue par un fort interventionnisme étatique, les dépenses publiques ayant toujours été plus importantes que dans douze autres pays économiquement comparables, avec une tendance à l’élargissement de l’écart constaté qui est désormais supérieur à dix points de dépenses publiques alors qu’il n’était que de deux points au début des deux années 80.

L’augmentation des dépenses publiques est essentiellement le fait de la progression des prestations sociales qui approchent 25% du PIB en 2008 au lieu de 15% en 1970 ; mais les dépenses des administrations publiques ont aussi augmenté de trois points sur la même période, en recul cependant de deux points depuis 1996 après avoir atteint 20% du PIB.

Depuis 1960, les dépenses publiques ont augmenté de 21 points de PIB, soit en proportion 60% de plus, atteignant 56,7% en 2012 au lieu de 35%.


4. La part des prélèvements obligatoires dans le PIB ne cesse de croître

Conséquence directe du phénomène d’augmentation de la dépense publique, les prélèvements obligatoires n’ont cessé de croître, passant de 30% du PIB en 1960 à 40% en 1980 pour connaître une période de stabilité relative entre 1982 et 1992 à 42% avant d’augmenter à nouveau et atteindre 44% en 1996, diminuer de 2 points entre 2006 et 2008 et repartir de plus belle  à compter de 2010 pour dépasser 46% à compter de 2014, soit une augmentation de moitié de 50% de la part des prélèvements obligatoires dans le PIB depuis 1960 et d’un tiers depuis 1974.

 5. Les administrations publiques sont en déficit permanent depuis 1975

Malgré la hausse considérable et constante de la part des prélèvements obligatoires depuis 1960, celle-ci n’a pas permis d’équilibrer les comptes des administrations publiques qui sont systématiquement déficitaires depuis 1975. Il faut désormais remonter aux présidents Charles de Gaulle et Georges Pompidou, entre 1958 et 1974, pour retrouver les traces d’un excédent durable du solde des administrations publiques. Le tableau ci-dessous présente pour chaque président les résultats de leur gestion publique résumés en un seul chiffre : celui de l’actuel président initialement prévu à -2% sur la période 2012 – 2017, ne dérogera pas plus, désormais, à un déficit moyen beaucoup plus important que celui initialement prévu de 2% pour vraisemblablement atteindre en moyenne -4%.

Pourtant, s’agissant du principal déficit, celui de l’Etat, on constate que la dégradation n’était pas forcément attendue. On peut affirmer qu’il y a eu une volonté manifeste de plaire aux électeurs au détriment d’une saine gestion des deniers de l’Etat, par la multiplication des « cadeaux fiscaux ». Rapporté au PIB, le déficit résulte d’une diminution régulière des recettes de l’Etat qui sont tombées de 22% en 1978 à 18% en 2007, avant la crise et même à peine plus de 16% lors de la crise financière de 2007-2008 alors que leur maintien dans le temps aurait permis de dégager un excédent et équilibrer les comptes en 2007 avant la crise financière conjoncturelle.

Equilibre budgétaire de l’Etat de 1978 à 2012, source Attac, http://www.forumdemocratique.fr

En définitive, les difficultés économiques résultent d’un choix collectif largement partagé de développer un système social égalitaire qui a conduit en 2014 à ce que le tiers du PIB soit consacré aux dépenses sociales publiques : santé, retraite, famille et transferts. Dans le même temps, les dépenses de proximité, à travers le réseau de plus en plus étoffé des administrations territoriales, a conduit à une explosion de la demande locale de services, subventions et équipements. Ces hausses de dépenses locales et sociales ont été en partie financées par une renonciation de l’Etat à équilibrer son budget en entretenant un déficit public permanent constitutif d’endettement sur le long terme.

6. la dette publique rapportée au PIB est en forte augmentation depuis 1980

Conséquence de ce déficit public permanent depuis quarante ans, la  dette publique rapportée au PIB ne cesse d’augmenter depuis 1980 : à cette date, elle représentait 20% du PIB ; en 1994, la dette publique représentait 50% du PIB, puis 80% en 2008 pour bondir à 90% en 2012 et 95% en 2015. Elément intéressant, celle-ci dérive principalement du poids des intérêts à verser : la dette théorique sans les intérêts n’aurait en effet représentée que 30% du PIB, l’endettement sur cette période étant constitutive d’une rente permanente à verser aux créanciers sans qu’il soit mené une politique de désendettement par la constitution régulière d’un solde budgétaire primaire couvrant le paiement des intérêts. La dette de l’Etat s’est constituée par accumulation des intérêts à payer identique à un effet « boule de neige », à hauteur de 50% du PIB, qui a bénéficié aux rentiers et au monde de la finance, au détriment de l’investissement et de la création de richesse.

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Phénomène aggravant, à partir du milieu des années 90, toutes les administrations publiques, et non plus simplement l’Etat ou les collectivités territoriales, concourent à partir du milieu des années 90 à cette politique d’endettement public massif : le déficit de la sécurité sociale ne cesse de se creuser, ce qui est un comble pour des dépenses courantes (branches santé et accidents du travail), différées dans le temps (retraite) ou de transferts immédiats (branche famille et chômage).

Dette publique de la France depuis 1995

7. Les coïncidences entre la  disparition progressive de la croissance, la hausse continue des dépenses publiques, le déficit public et l’endettement public institutionnalisés dans le même temps que le chômage devient massif, suscitent un silence explicable par l’intérêt du plus grand nombre à faire l’autruche.

Sur la longue durée, depuis 1950, 1960 ou 1975, on constate une certaine corrélation entre l’évolution négative de la croissance, l’augmentation des dépenses publiques, des prélèvements obligatoires, du déficit public, de l’endettement des administrations publiques, et dans le même temps, la hausse régulière du chômage devenu aujourd’hui constant et massif.

il n’en reste pas moins que d’innombrables économistes ou décideurs politiques et sociaux imperturbables expliquent en suivant des théories néo-keynesiennes, néo-claissiques ou « néocrétines » qu’il faut continuer comme avant, en poursuivant cette descente aux enfers que constitue ce cercle vicieux de la dépense publique non maîtrisée, de la hausse des prélèvements obligatoires sans réflexion concernant leur impact économique et social, de la poursuite du déficit public érigé en dogme quadragénaire, de l’endettement public salvateur à l’exemple funeste du Japon enlisé dans la stagnation ou de la Grèce plus antique que quantique en matière de déficits.

Or, sur le long terme, la stabilité d’une société est liée à sa capacité de maintenir un taux d’activité élevé et proposer un emploi pour tous, ce qui n’est manifestement plus le cas depuis 1981-1984. On constate en effet tout d’abord une baisse du taux d’activité à compter de 1981 liée en partie à la réduction de l’âge légal de la retraite ; ensuite, on enregistre une forte baisse du taux d’emploi tombé de 56% à moins de 50% entre 1994 et 1999 pour remonter à 52%, ce qui reste l’un des taux les plus bas des pays de l’OCDE, et la preuve que la France est dans l’incapacité de proposer un emploi à sa jeunesse arrivant sur le marché du travail.


Mais pour commencer à vouloir réduire le chômage, il faudrait tirer les conséquences du parallélisme des courbes sur le long terme entre l’évolution déclinante de la croissance, les hausses de la dépense publique et des prélèvements obligatoires, le déficit public constant, l’augmentation de l’endettement public et  l’irruption d’un chômage massif, ce qui devrait inciter à mener une politique volontariste de désendettement public, d’équilibre budgétaire, de baisse des prélèvements obligatoires, de réduction de la dépense publique et d’incitation forte à la croissance, tous objectifs qui ne sont qui qu’une question de détermination et de choix politiques pour reconstituer un cercle vertueux.

Entre 1993 et 2007, la Belgique, à son échelle et dans un contexte polirtique compliqué, y est bien arrivée, réduisant la dépense publique sous la barre de’s 40% et ramenant sa dette publique de 140% à 80 %. Pourquoi pas la France ? (à suivre).

Une réflexion sur “Du plein emploi au chômage massif

  1. DELABRECHE 9 juin 2015 / 6 h 20 min

    Bravo pour cette analyse; on sait ce qu’il faut faire: des choses qui ne plaisent pas à l’électeur
    A quand le réveil?

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