Irresponsables et Somnambules à l’heure des Gilets jaunes

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Rameuter l’écrivain allemand Hermann Broch pour évoquer les gilets jaunes ou foulards rouges à l’heure du grand débat, au premier abord c’est un peu comme une girouette perdant son temps en tournant sur un rond-point, ou sur les grandes avenues parisiennes  croiser des manifestants tirés comme des pigeons et dont les slogans se perdent dans la cacophonie des grenades explosives. Mais il est permis de s’égarer quand arrive le temps des alouettes plumées. Heureusement, l’oeuvre d’Hermann Broch est là pour nous illuminer lorsque le crépuscule tombe.

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Gouvernants et Gilets jaunes devraient en effet méditer cette phrase de Broch qui éclaire le titre de son roman « Les Irresponsables » : « L’homme dans l’état crépusculaire est prêt avant tout à s’incorporer dans la masse, dans la mesure où le sentiment de solitude totale le fait chercher des valeurs irrationnelles, telles quelles lui sont données par le sentiment de lien à la masse. »

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Cette phrase un peu énigmatique résulte d’une autre interrogation de Broch, qui ne taraude plus guère les Occidentaux, l’origine de l’humain, l’obligation de se préoccuper des questions fondamentales de l’éthique  : « En vérité une menace pèse sur nous, sur notre génération précisément, la menace que l’homme écarté de Dieu, s’enfonce dans l’animalité ou plus bas encore, car l’animalité n’a jamais eu de moi à perdre. Notre indifférence n’indique-t-elle pas déjà le commencement de notre chute dans l’animalité ? »

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Le roman d’Hermann Broch « Les Irresponsables« , tout comme son précédent roman phare, « Les Somnambules« , soulève la question de la responsabilité personnelle de chaque individu, alors que la perte d’humanité résulte de l’individualisme s’élevant jusqu’à l’indifférence dans le comportement social , engendrant une perte irrémédiable des valeurs. Et c’est ainsi que la conscience humaine sombre dans une « somnolence animale, presque végétative« , un « état crépusculaire » confortable qui l’éloigne de sa « responsabilité sociale« , de son « devoir humain de connaissance » et de son « devoir éthique« , au point que cette conscience diminuée conduit l’homme à sacrifier son humanité, son identité individuelle au profit de celle de la masse appelée alors à triompher.

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Et Broch de conclure : « Si l’on veut s’en faire une idée [des mouvements issus de la psychologie des masses], il faut interroger l’âme individuelle, il faut lui demander pourquoi et de quelle manière elle se laisse prendre par cet épisode incompréhensible auquel nous donnons le nom de comportement psychique de la masse […] seule l’âme individuelle, qui est la proie de ce genre de pulsions incompréhensibles, a la capacité de nous donner des indications à ce sujet. »

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Avant de se perdre irrémédiablement dans le prétendu romantisme révolutionnaire ou dans les statistiques vides de sens balancées hors de propos dans de vains débats , nous autres Français devrions plus souvent méditer quelques auteurs de langue germanique qui, pour avoir été confrontés à la brutalité bestiale de l’idéologie de masse du nazisme, n’ont pas pour autant renoncé, malgré les dangers, en tant qu’écrivain à leur responsabilité sociale, éthique, et plus particulièrement,  ce quatuor d’humanité formé de Robert Musil, Elias Canetti, Thomas Mann et Hermann Broch.

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Méfions-nous de ne pas se laisser prendre au kitsch de « l’épisode incompréhensible » des Gilets jaunes, qui entretient la confusion sur les réseaux sociaux bien obscurs, et suscite querelles et violences lorsque la politique s’empare des codes frustres de la « téléréalité » qui a inventé le « dégagisme » à la fin de chaque épisode hebdomadaire. Et rappelons que notre « âme individuelle » se nourrit uniquement de Vérité, l’origine de l’Humain.

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Et c’est pour cela que celui qui affirme : « Le monde se fracture, de nouveaux désordres apparaissent et l’Europe bascule presque partout vers les extrêmes et, à nouveau, cède au nationalisme. Ceux qui ne voient pas ce qui est en train de se passer partout autour de nous décident implicitement d’être les somnambules du monde qui va », non seulement n’a pas tort, mais a raison. Car si  les somnambules marchent, les irresponsables aussi, qui eux n’hésitent pas à se lever en masse, à l’heure du coucou.

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Quant à Hermann Broch, on lui doit aussi un autre livre admirable, « La mort de Virgile« . Pour écrire un tel livre, forcément, un moment ou à un autre, Dieu s’invite.

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Pas d’auteur sans éditeur. Ici Martin Flinker

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