Le recueillement, selon Charles Baudelaire

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A propos du Recueillement devant les tombeaux littéraires évoqué par l’auteur virtuel dans sa page de présentation, il me revient un poème de Charles Baudelaire, joyeux comme une grive en hiver à la recherche du moindre ver de terre sous une couche de neige de trois mètres de haut.

Ce poème a été publié dans les Fleurs du mal, dont la première édition date de 1857, une édition augmentée paraissant en 1861. Les poèmes censurés furent regroupés en 1866 sous le titre Les épaves, avant que l’édition définitive, avec l’ensemble des textes ne paraissent en 1868, l’année suivant la mort du poète.

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

On pourrait trouver plus entraînant comme poème d’introduction à l’oeuvre de « l’auteur virtuel ». Notez tout de même que c’est du Baudelaire et pas du Mallarmé ; ensuite ce mot est pris dans une acception étroite, en tant que l’une des circonstances de la vie, de préférence plutôt bref, et non « la fin de vie » . .

Et puis, la douleur, l’atmosphère obscure, les défuntes années, le regret souriant, le soleil moribond, le long linceul traînant et la douce nuit qui marche, croyez-vous véritablement que ce cortège lugubre réclame le soir portant la paix ou le souci ? Ce ne sont que des mots ou expressions baudelairiens, aperçus sur les balcons du ciel.

Allons, Tavernier ! Apporte-nous à boire, un Sancerre blanc ou un Cheverny rouge. En attendant que la nuit tombe, oublions Baudelaire un instant,  je vais vous raconter une histoire.

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