
Ayant déposé le livre sur la banquette arrière de l’aéromobile piloté par Human Fortis qui appartenait à l’agrégation des Minotaures, Lonely Korps chercha à s’endormir, après avoir balancé six étoiles sur le réseau social planétaire EHF destiné aux agrégés rassemblés pour concourir à la sélection de la troupe d’élite des marsouins appelés à marcher et vivre sur la planète Mars.
Il songea que le livre noté, Homo Criminalis de Mark Galeotti, méritait sans doute une meilleure note mais six étoiles sur une échelle de huit, correspondait à l’obligation pour les élèves de parcourir le livre sélectionné pour les examens émotionnels à venir en fin de printemps, toute question posée sur ce livre ayant un caractère éliminatoire.
Après avoir décollé du refuge de Fonts de Cervières, l’aéromobile avait pris la destination de la Normandie, en vol nocturne pour le champ de bataille de Sainte-Opportune du Bosc.
Plusieurs haltes étaient prévues tout au long d’un parcours qui en temps normal, n’exigeait pas plus d’une heure de vol. Mais avec tous les détours prévus, la nuit appartiendrait à boucler l’itinéraire enregistré par le Poutre du sable qui dormait aux commandes, le tableau de bord visionnant pendant tout ce temps, des reportages en temps réel.
Un quartier de lune pointait dans le ciel qui rappelait que le chemin prévu pour débarquer sur Mars était encore long d’ici l’aube du 6 juin 2044, date du centenaire du Jour le plus long, rien de bien terrible cependant, juste quelques ajustements et des affaires à régler dont ces histoires sensorielles de disparitions et de cercueils qui agitaient le microcosme des desperados journalistiques.
Mais pour une fois, il s’agissait bien de nouvelles sans queue ni tête.

Un aéromobile chevaleresque de marque Mustang Alicorne, à prenant son envol à Paris via Terra incognita.
Justement, aux Grandes lucarnes, la Chouette Charlotte Deshayes dite RTT, dont le métier était de pourchasser cafards et termites sur l’isthme de la Terre entière, passait en direct sur une chaîne publique d’informations en continu pour relater les derniers événements concernant l’affaire des seize cercueils volants, devenue celle des dix-huit cercueils désormais, et autant de disparition d’enfants.
Le plateau des bavards constitué pour l’occasion, ne manquait pas de charme autour de Roule-tes-tétons, avec en esplanade, un adjudant-chef de gendarmerie et un commissaire des Orfèvres destinés à commenter les derniers événements, l’un Corse, dit Corsica Feria, l’autre aussi improbable que le retour de Rouletabille portant des lunettes noires et une tenue de catcheur.
Car, il faut bien l’avouer, question disparitions et cercueils, la situation prêtait à confusion. Il était difficile pour le grand public de s’y retrouver, tout comme dans une précédente affaire, celle dite des Chimpanzés de l’Elysée où avait déjà sévi Olibrius tandis que Lucciani et Galibier oeuvraient à l’époque à la surveillance des lieux glorieux, en gardiens très républicains, tout autant à cheval sur le respect des horaires que du foin et du crottin, bougres de corne de bouc.

Route du cavalier républicain de service à l’Elysée, JEM Chess and Mat.