Les aviatrices

Les Femmes aviateurs http://maquettes-avions.hautetfort.com/archive/2012/05/15/les-femmes-aviateurs.html
Dans le prolongement de la Journée de la femme et de la réflexion sur le dicton Vas où tu veux, meurs où tu dois, voici un article qui pourrait s’intituler Vas où tu dois, meurs où tu veux, entièrement consacré aux aviatrices autrefois appelées femmes aviateurs. Alors que nos « amis » saoudiens s’acharnent toujours à interdire aux femmes de conduire, les jetant en prison si nécessaire, et prouvant ainsi leur incapacité à s’adapter aux temps modernes,voilà longtemps que des femmes sont parties à la conquête du ciel, toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus loin, prenant des risques qui les ont parfois incitées à rechercher un émouvant destin.

     

Voici tout d’abord,  l’intrépide baronne Raymonde de Laroche, première femme au monde à avoir un brevet de pilote en 1909, le n° 36 attribué par l’Aéro-club de France.  Jusqu’en 1914, seules 15 femmes  recevront un brevet de pilote dans le monde entier pour 1600 brevets attribués à des hommes. Elle participe à des meetings aériens, détient le record de distance féminin en circuit fermé, puis après l’armistice celui de la femme la plus haute au monde avec un vol à 4.800 mètres d’altitude, ce qui correspond à la hauteur du Mont-Blanc. Elle décède accidentellement lors d’un vol d’essai en 1919, en baie de Somme.

Cette baronne, d’une énergie peu commune, a ouvert aux femmes les portes de l’aviation.  Elles sont aujourd’hui 5% de femmes parmi plus de 12.000 pilotes professionnels commerciaux, guère plus cependant qu’en 1914 où la proportion était de 1%..  L’école nationale d’aviation civile ne reçoit des candidatures féminines que depuis 1975, Patricia Haffner, actuelle pilote d’Airbus A380, ayant été la première admise.

Harriett Quimby. Record-setting pilot. First pilot's license to a woman. Died in a plane crash in 1912. Cool girls have loved flying since the very beginning. :)

Continuons avec Harriett Quimby, la première femme à obtenir une licence de pilote d’avion aux USA, en 1911 ; un an plus tard, elle est aussi la première femme à traverser la Manche le 16 avril 1912, moins de trois ans après Louis Blériot ; mais son exploit passa inaperçu, coïncidant avec le naufrage du Titanic survenu la veille.

Harriett Quimby's Flight Across the English Channel

Le 1er juillet 1912, sur l’aérodrome de Boston, alors qu’elle faisait un tour de reconnaissance en perspective du troisième metting annuel d’aviation de Boston, son avion, un monoplane Blériot, piqua du nez. Elle fut éjectée ainsi que son passager, se tuant sur le coup. elle avait seulement trente-sept ans.

Amelia Earhart, aviatrice, première femme a avoir traversé l'Atlantique en 1928. Et c'est pas la seule chose qu'elle ait fait la première.

Poursuivons avec la plus célèbre d’entre elles, Aymelia Mary Earthart. Elle est la première femme à traverser l’Atlantique, en 1928, puis la première femme à le traverser à nouveau en solitaire en 1932. Elle disparaît en 1937 à l’occasion d’une tentative de tour du monde par l’Est, au milieu du Pacifique, entrant dans la légende des pionnières de l’aviation en même temps que naissent les rumeurs les plus folles sur de prétendues activités d’espionne. Une chose est certaine, elle n’est pas devenue reine de Papouasie-nouvelle-Guinée, secteur le plus probable de sa disparition.

Amy Johnson (1903-1942) pioneering English aviator. The first aviatrix, to fly solo 11,000 miles (18,000 km) from England to Australia (in a Gipsy Moth), with a co-pilot she flew London to Moscow in one day, and then across Siberia and on to Tokyo, setting a record time for flying from Britain to Japan

Voici maintenant Amy Jonhson qui a reçu l’an dernier l’hommage vibrant du musée de l’air et de l’espace du Bourget, à travers une exposition restituant ses exploits. Elle est la première femme à relier le Royaume-Uni à l »Australie en 1930, parcourant dix-huit mille kilomètres en vingt-et-un jours, en Gipsy Moth. A son retour à Londres, plus d’un million de personnes l’accueille dans les rues. Elle appartient au premier équipage qui relie Londres à Moscou dans la journée, pour poursuivre à travers la Sibérie jusqu’à Tokyo, battant le record en temps. Ayanty épousé James Mollison, un pilote célèbre, ils pilotent ensemble ou en solo, battant records sur records.

A pilot of the British Women’s Auxiliary Air Force (WAAF) ~

La guerre approchant, en 1939 elle s’engage dans la Royal Air Force, pilotant tout d’abord des avions-cibles destinés à l’exercice de la défense contre avions, la DCA. Puis elle prend du service à l’Air Transport Auxiliary, convoyant des avions de l’usine aux unités en service sur le front. C’est lors de l’un de ces vols, le 5 janvier 1941,  que son avion s’abîme dans la Tamise. L’ayant Aperçue en vie dans le cockpit, un officier de la Royal Navy tentera de la sauver mais y laissera aussi la vie.

Aviatrix Bessie Coleman in 1926.  Bessie Coleman (1892-1926) was the first Black American female pilot ever.  First African-American Female Aviator  [b. 1892 - d. 1926]    Bessie Coleman, the daughter of a poor, southern, African American family, became one of the most famous women and African Americans in aviation history. "Brave Bessie" or "Queen Bess," as she became known, faced the double difficulties of racial and gender discrimination in early 20th-century America but overcame such challenges to become the first African American woman to earn a pilot's license.

Retrouvons Bessie Coleman, la première aviatrice noire de l’histoire, que nous avons déjà évoquée dans un précédent article. Même si elle affirme que  l’air est le seul lieu libre de toute discrimination, elle a tout de même été obligée d’aller chercher  son brevet de pilote en France en 1921,  les USA n’autorisant pas l’accès des écoles de pilotage aux noirs, et encore moins aux femmes noires. Devenue célèbre, elle participe aux meetings aériens les plus prestigieux, perdant la vie alors que son avion part en vrille lors d’un vol de reconnaissance.

Maryse Bastié

Intéressons-nous encore  à Maryse Bastié, une aviatrice qui dans les années trente pulvérise des records de vitesse, dont une traversée de l’Atlantique en douze heures cinq minutes. Volontaire, Elle milite pour le vote des femmes et s’engage dans la résistance pendant la guerre ; capitaine de l’armée de l’air, elle trouve la mort dans l’accident d’un Noratlas au retour d’un meeting aérien à l’aéroport de Lyon-Bron, en 1952.

Et comment ne pas évoquer notre héroïne si française Hélène Boucher, disparue à l’âge de 26 ans en 1934 ? La voici devant son Caudron-Rafale, un Rafale déjà !  Elle est la quatrième femme en France à obtenir un brevet professionnel de transport public en 1932 après Adrienne Bolland, Maryse Bastié et Maryse Hilsz. Elle bat alors de multiples records de vitesse dont celui toute catégorie sur 100Km à 412 Km/heure, et celui des 1.000 Kilomètres avec une moyenne de 409 Km/h. Participant à des raids aériens et des concours d’acrobatie, elle multiplie les performances qui lui vaut d’être recrutée par Louis Renault pour promouvoir ses automobiles et ses avions.

Hélène Boucher ( 1908 - 1934 ) AviatriceHélene Boucher devant son Caudron Rafale

Devenue une icône de la vitesse, la voici photographiée par Robert Doisneau au volant d’un bolide Renault, photo devenue célèbre qui ne lui portera pas forcément chance. Elle décède accidentellement lors d’un essai en vol, sa célébrité lui valant d’être la première femme à recevoir un hommage national aux Invalides.

Robert Doisneau - Helene Boucher au volant d'une V

Si certaines actrices peuvent devenir aviatrices à l’image de Katharine Hepburn, il est des aviatrices qui deviennent actrices telle Ruth Elder qui tente d’être la première femme à traverser l’Atlantique, dans le sillage de Lindberg. Sa tentative est proche de réussir, échouant à trois cents miles des côtes, ce qui lui vaut de détenir pendant longtemps le record de distance parcourue par une aviatrice en même temps qu’Hollywood la recrute en 1928 pour jouer son propre rôle dans un film à sa gloire portant le nom de son avion, The American girl. Elle fait partie des fondatrices de l’association Ninety-nines, les 99 femmes pilotes qui se regroupent pour promouvoir l’accès des femmes au pilotage des avions. Cette association compte aujourd’hui plus de 5.000 membres dans une trentaine de pays, toujours dans l’optique d’aider les femmes à accéder à des emplois professionnels dans le secteur de l’aviation. http://en.wikipedia.org/wiki/Ninety-Nines

aviatrice Katharine HEPBURN actrice            A 2011 exhibit at Casa Museo Francesco Baracca (near Ravenna, Italy), “The Other Side of the Sky"... "chronicles 50 aviatrices from 1913 to today, from Adrienne Bolland (first woman pilot to fly over the Andes), to aviator & parachutist Elsa Andersson, to Bessie Coleman, a black woman from Chicago who become a pilot in France. Many of these women, from Hélène Boucher & Gaby Angelini to astronauts Judith Resnik, died during training sessions or during missions. Here: Ruth Elder.

Katharine Hepburn, une actrice devenue aviatrice et Ruth Elder, aviatrice devenue actrice

Et pour conclure, une page de mode de l’année 1911 à destination de nos amis les princes bédouins, un peu lent à la détente question promotion de l’égalité des femmes hors le champ de la décapitation. Voici Miss Hariette Quinty en tenue de sport automobile, spécialement dessinée pour la conduite. La photographie a été publiée dans Lady’s Weekly, la revue dont Hariette était l’éditrice.

1911 -- Miss Harriette Quinty, editor of the women's fashion magazine "Lady's Weekly" poses in an automobile costume she designed.

La conquête des airs ne passe pas que par l’aviation, il y a aussi l’espace où de nombreuses femmes y accèdent telle  Valentina Terechkova, la première  à avoir fait le tour de la terre en 1967. Ou encore Joan Higginbotham, astronaute de la NASA, troisième femme afro-américaine à avoir été dans l’espace.

Il y a aussi, plus terre-à-terre, les montagnardes, à l’image d’Edurne Pasaban, la catalane, première femme  à avoir réalisé l’ascension des 14 sommets mondiaux de 8.000 mètres et plus.

Mais, me direz-vous pourquoi consacrer ainsi un article aux aviatrices ? Tout simplement, parce qu’il n’y a pas que les chiffons dans la vie qui vont aux femmes, les casques aussi, ce n’est pas une question de mode, mais de mentalité : dans la famille Le Ciel, je demande la fille !

Jeu des 7 familles: Famille le ciel

 

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